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Si la sortie d’un album live est souvent synonyme de remplissage du tiroir caisse, le muragostang de Murat déroge à la règle. Si Mustango est un sublime album, Murat en offre une relecture et ce sur scène. Longtemps antinomique de Jean Louis Murat la scène est présentée par ce double cd comme un terrain de jeux et d’expérimentations nouvelles. Passons sur la qualité des morceaux déjà reconnue sur Mustango, excepté pour deux inédits (à retrouver sur le maxi du mont sans soucis) Washington et le sublime New York, récit du périple new yorké de l’auvergnat à le recherche d’une inspiration en panne magnifié ici par une simple guitare électrique brisant le silence comme une hache coupe une branche sèche. C’est par le traitement de l’électronique que les morceaux vont ce voir déguisés. Tout mustango piraté par des sons, des apartés de Genet, des délires de Murat (Belgrade très énervé, la fin du ridicule mais tendre mont sans soucis). Dommage que la rythmique de calexico soit absente et que Jennifer ne soit présente que par sample interposé ce qui donne parfois à cet ensemble des allures de remix live (pourquoi ne pas avoir garder l’enregistrement de la black session de Rennes). Ce disque bourré d’imperfections charme par son inventivité son écart vers les expérimentations de Mark Hollis ou le post rock (murat post-rocker auvergnat) et agace par sa marche de conduite réduite face aux machines. Au final il reste un instantané formidable, il reste le chant de Murat, il reste des chansons formidables mises en danger.