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C’est à la demande du Fils de Ferré que Jean Louis Murat, notre troubadour auvergnat chanteur de charme compulsif a décidé de reprendre la musique de Léo accompagnant des textes de Charles. Férré et Baudelaire, c’est un Murat sous les monstres qui se présentait à nous, lui qui a toujours fait preuve d’une incapacité à vivre au crochet. Charles et Léo étaient l’occasion trop belle de se confronter aux répertoires avec un grand R comme le C de la comédie française, un brin de poussière en moins. Car Baudelaire à beau ne plus faire le repas des civilisations du dessous, sa poésie résonne encore ici avec une modernité que l’on serait bien vain de chercher dans la naphtaline d’un Beigbeder trop….trop. Accompagné sur une partie des titres par Morgan Imbeaud de Cocoon, Jean-Louis n’a pas le besoin d’illuminer les textes, les mots servant de bouée à l’ensemble. L’héautontimorouménos, titre à rallonge est le climax de ce titre qui est une belle lecture mise en musique simplement et subtilement par un Férré, lui aussi sous l’ombre pesante et forte d’un Baudelaire chez qui les mots claquent comme un grêlon sur le sol, rebondissant avant de se diluer dans d ’autres. Si l’attention et le temps de horloge ne se vide pas chez vous, Charles et Léo est pour vous. Murat sous le poids d’une histoire culturelle.