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  • 6 mars 2008 /
    U2
    “joshua tree 20 ans”

    rédigé par Gérald de Oliveira
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Vingt ans après cet album est toujours une énigme dans l’histoire des gros cartons du marché du disque. Comment ce disque loin du mainstream et à des années lumières des Smiths et du circuit indépendant a t’il pû rassembler autant. Un premier single with or without you qui traverse les époques car il n’est encré dans rien, si ce n’est dans un esprit tordu de Twin Peaks, et des hymnes improbables (le gospel de i still haven’t find what i’m looking for sera un choc que mysterious ways parviendra à rééditer cinq ans plus tard). Joshua Tree est un disque stérile car il ne pourra pas faire naitre autre chose dérrière, à l’image de l’arbre dans le désert, ce disque est une plante qui ne fertilisera pas l’imaginaire et la création des autres musiciens. Joshua tree est un disque qui prend sa source aux Etats Unis et s’asséchera également sur ce territoire au prix d’une tournée qui ferait tomber le plus chevronné des courreurs du tour de France. C’est pourtant un concert Européen, celui de Vincennes qui sera utilisé pour les bonus de ce joli boitier (le ruban marque page du plus bel effet). Un concert dans une autre forme de désert, celui de la proximité mais surtout du champs délimité. Perdu sur cette scéne ridiculeusement énorme ; le groupe reprend des morceaux qui ne peuvent pas s’épanouir là. Exit (un des meilleurs titres de U2) sonne creux, in god’s country n’a pas sa puissance chevaleresque. On pense alors à la suite, au retour bénéfique en Europe dans une traban, dans laquelle luminous times et walk to the water (inédits et faces B compilés sur un cd bonus très inégal) pouvaient passer à l’auto radio pour faire le lien entre deux époques. Et de retenir l’image d’un groupe dans un avion vers une nouvelle salle, mangeant un improbable buffet avec Bono s’improvisant folkeux pour une chanson sans limite, sans frein, comme quoi U2 avait déjà de l’humour. L’histoire finit par donner raison à ce succès.