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  • 6 mars 2009 /
    U2
    ““zoo tv live from sydney””

    rédigé par Gérald de Oliveira
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Avant Achtung Baby et la rencontre de la bande à Bono avec Berlin, les quatre irlandais dépensaient des fortunes de concentration pour paraître aussi pauvres que des docker de Dublin et aussi sinistrement déplumés sur scène, donnant à voir aux deux premiers rangs, à écouter au reste, et à dormir pour ceux pour qui le retour vers ses racines ou son ouverture vers l’Amérique (Rattle And Hum) pouvait paraître aussi crédible qu’une allocution de Dominique Strauss Kahn sur la difficulté des fins de mois de ses concitoyens. C’est à la fin d’un concert dublinois de la tournée Love Come To Town que Bono récitait au public une fulgurance (non non pas flatulence) dont il a le secret, parlant de la fin de quelque chose pour U2, parlant d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte . Alors que Chez Tim Booth on débouchait le champagne pour son jouet extraordinaire, James, chez les fans de U2 on se dépêchait d’assister au dernier concert du groupe à Rotterdam et pour les autres on se pressait pour assister à la grande messe du Joshua trio. Zoo TV tour, ou plutôt Zooropa tour, l’équivalent mais pour les stades sera aussi déstabilisant pour le fan de base qu’a pu l’être l’étiquette à l’arrière du pot de flamby pour les gobeurs de flan. Derrière le Zoo TV il y a d’abord deux albums, les plus réussis de la discographie du groupe. Il y a aussi la conceptualisation de la starification mise en abîme par un Brian Eno hilare. Enfin, et c’est là le plus important la découverte de l’humour d’un groupe qui donnait des envies de chialer à un max brothers. Fini les frusques, bienvenue au costume lamé, aux lunettes siglées au plateformes shoes et aux paillettes. Enfin passé en dvd, le Live From Sydney rapporte bien ce qu’un concert du Zoo TV pouvait être, un déluge sonore et visuel (même si le concept de tv tombe vite dans l’eau avant de devenir un décorum facile) faisant la part belle à l’humour et moins à la prise de tête politico charito trou du cul (fais le diront les esprits chagrins) de la nouvelle décennie que nous sommes en train de supporter. Couplé à des bonus tous aussi intéressant les uns que les autres, entre audit comptable concept amusant (blue eyes the return) et esthétique de la multiplication, ce live From Sydney accède à la fois à la pure fantaisie mais aussi à un marquage profond dans une certaine histoire. Après avoir longtemps caché U2 comme un complexe, la période Achtung Baby, Zooropa et encore plus loin pop, a permis à une masse de fans du groupe de se couper les cheveux, de mettre leur moue dubitative de côté et de casser leurs convictions en prenant la société spectaculaire à rebours pour une sodomie joyeuse et sans artefact saugrenue. Suicide ou naissance (on ce le demande depuis le début des années 2000) le Zoo TV Tour souffle dans l’oreille des spectateurs, dans un brouhaha indéfinissable que la vie ne vaut la peine qu’affublée d’un pantalon en rocher suchard et du rouge sur les lèvres, et c’est un grand pas pour notre humanité. Indispensable.