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  • 6 mars 2008 /
    V/A
    “effervescence pain perdu - pot pourri” (Effervescence )

    rédigé par gdo
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Décidément la France a donné naissance il y a 5 ans à une série de label dont l’importance n’est pas prête de se démentir. Après Unique record, après Talitres c’est au tour de effervescence de fêter ses cinq années d’activisme dans une scène française que beaucoup ne soupçonnait pas aussi foisonnante et passionnante. Effervescence sera à son début un laboratoire électronique, confondant souvent les sorties du label avec ceux de clapping music, quand ADA se cherchait une place au milieu de ce vivier remuant. Effervescence est l’antithèse de ces labels stéréotypes qui se mordent la queue à chaque sortie en se concentrant sur un axe. Effervescence porte son nom, propageant ses bulles pour soigner notre appétit de découverte. Pour l’occasion le label nous propose une double compilation, deux volets subtilement appelés pain perdu et pot pourri. Dans pain perdu on retiendra Domotic qui n’est pas sans nous rappeler les intros de Jim O’Rourke et de Gastr Del Sol. Belikomi est un collage déconcertant de fragilité et d’assurance à la fois. Midori Hirano démentira le film d’Al Gore figeant son electronica dans la glace. Pour Otari and King of danemark on se mélange dans un post rock jazz déroutant et addictif. Avec Stuntman5 cela commence comme un morceau calme de bentley rythm ace puis se poursuit comme un crash test. Les amoureux des montagnes russes et de la vitesse devraient se ravir de Eric Castel pour finir par Motenai and l’orchestre fantôme au plus prêt de ce que pourrait être l’hymne d’effervescence. Avec Pot pourri, Billy jean de Mickael Jakson prend ici une dimension nouvelle, celle de l’émotion pure avec The patriotic sunday. La folk imbibée de My name is nobody and the healthy boy, donne l’occasion de respirer l’air enfumé du dehors. Nouvelle question d’addiction avec Domotic and audiopixel, chanson o’rourkienne, un mélange de style sur un arpége unique. On est loin de Audiopixel et de ses sonorités exotiques pour un morceau tout en percussion. Thee, Stranded house et sa voix sans âge nous transporte dans une mélancolie la plus profonde. Mélancolie qui ne habitera pas le temps de The automat car à plusieurs comme en famille on chante mieux le désespoir des choses. Thomas Mery & the desert fox sera une Kate Bush se parant de simplicité, d’une nudité, d’une manière directe et rêche d’aborder un sujet qui ne portera jamais à sourire, quand à Promis, échappé probablement d’une écoute de Brel, ne cache pas sa puissance mélancolique, elle l’expose avec talent. Un homme touche au grandiose dans une maison en décrépitude. Promis est la grandeur des gens simples, comme le label effervescence sait faire de grande chose avec une musique qui ne l’est pas moins. A découvrir absolument.