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On tour est le troisième live de Yann Tiersen. Après la sublime session chez Lenoir (à ton étoile l’ami) après un concert avec orchestre à corde et compagnons de routes, c’est la troisième version de Yann Tiersen, certainement pas la plus aboutie, mais à coup sur la plus directe, franche du collier, à consommer comme un sous Woody Allen, comme on se plongerait dans un livre de Modiano reprenant les gimmicks de Despentes. On tour est le résumé de la dernière tournée de Tiersen qui aurait pu s’appeler j’entends plus le violon, j’entends trop la guitare. Habitué à jouer les chefs d’orchestre foutraque, Yann est ici au premier plan, guitare à la main comme un enfant avec un sabre laser voulant en découdre avec le côté obscur, ici le rock. Alors pas d’invité sauf la piquante Diam’s et l’indispensable Lizz Frazer, juste Yann son groupe et le public international de Monsieur Amélie Poulain. Si je vous parle du public c’est que les liaisons entre les morceaux en espagnol ou en anglais ne peuvent être là que cela. Yann y remercie tout le monde, même la personne s’occupant du merchandising, donnant à ce disque des allures de bootleg enregistré en 5.1 avec les moyens d’une major. Le bas baisse à plus d’un titre, car les morceaux de Yann ne supportent guère le son musclé, mais aussi car Yann n’est pas un chanteur, souffrant malheureusement de la comparaison avec les interprètes studio. Alors si la version DVD aide par l’image, donnant à ces concerts des allures de répétitions entre amis (répétitions payantes), on tour est une tentative infructueuse de Yann de s’éloigner de ses premiers concerts entre numéro de cirque et prouesse poétique (piano et accordéon en même temps) et des derniers au milieu de ce que la musique classique peut donner dans la démesure. On tour n’est pas le bout de terre bordés par des bras de mer, pas ce lopin de terre sur lequel Tiersen pourrait poser sa tente pour s’éloigner d’un fardeau cinématographique. Une cascade.