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La connexion entre Mogwai et notre beau pays est décidément durable. Que ce soit par le retour du public français qui sait parfois recevoir, sa BO sur l’ovni cinématographique autour du deuxième meilleur joueur de foot de la France après Sylvain Kastendeuch, et maintenant avec la BO d’une série produite par canal + autour de la thématique du retour après la mort (œuvre librement inspirée probablement de la première présidentielle gagnée par Chirac).

Ce disque est arrivé vierge dans mes oreilles. Je n’ai pas regardé la série en question. Celle ci est stockée sur un disque dur, et elle sera visionnée longtemps après le buzz qui a toujours tendance à m’inquiéter. Car la chaine du football lent (la ligue 1) a quand même de plus en plus tendance à survendre ses produits comme un camelot réussissant à convaincre un aveugle d’investir dans un écran 3D.

Pour cette série évènement, Canal + s’est attaché les services de nos écossais chéris. Souvent pour ce genre de projet les musiciens recyclent des inédits, ou refourguent la compilation de leurs meilleurs titres de second choix. Mais pas de cela chez Mogwai, le groupe rentrant dans le projet comme Jean Alesi à la bonne époque dans les murs, à fond à fond à fond.

C’est donc presque un nouvel album d’album de Mogwai, même si l’écriture d’une BO est toujours synonyme de réduction des temps, de gestion des espaces, d’une contrainte suffisamment sclérosante pour donner l’impression que les virgules sont plus importantes que les chapitres. Ici les titres ont le temps de s’installer (le superbe « Spécial N ») et le groupe tend à élargir une palette que nous sentions s’ouvrir avec le EP « Earth Division EP », et son titre « Get To France » (tiens tiens). Les guitares ne sont pas toujours là pour exploser les plafonds, elle deviennent plus diaphanes, diffuses (rayer la mention inutile) (Relative Hysteria).

La grande surprise du disque (si on excepte la reprise de « What Are They Doing In Heaven Todays ? » morceau chanté) est que Mogwai n’est pas noyé par le projet, c’est même lui qui semble imprimer sa marque à celui ci. Avec « Les Revenants » le groupe s’affirme encore plus dans la durée, opérant sans cesse une mutation que seul les sourds n’entendront pas (eux qui investiront dans les enceintes Jean Michel Jarre).

« Les Revenants » est un nouveau marqueur dans la carrière d’un groupe qui étonne par sa longévité, et par le plaisir qu’il nous donne en insufflant de la mélancolie, même dans le chaos.