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Suicide collectif, suicide artistique, il y en a qui ne vont pas en revenir, qui vont se demander c’est quoi ce truc…. C’est Liars. La grosse claque de 2002 est de retour avec un disque qui aurait pu s’appeler Thriller, comme une danse hypnotique et macabre, une cascade de tempos déstructurés allimentant un corps au bord des convulsions. Comment en arriver là, comment prendre autant à rebours un premier album phénoméne, le vrai grand disque de la nouvelle mouvance New York USA. Simplement pour ne pas piétiner des traces déjà bien marquées. Album difficile, album revéche, contrarié, inadapté à la culture du fast food, ce nouvel album des Liars enfonce le clou, eclaboussant les essais des suiveurs, ne mentant sur rien. De son démarrage déstructurant (steam rose from the lifeless cloak) aux déclamations quasi incantatoires (we fenced other houses with the bones of our own), ce disque inflige à l’auditeur un sejour dans un train fantôme (hold hands and it will happen anyway) où là on vous tire réellement les cheveux, on vous pique vos atours et on vous ruine de haut en bas de tous les immondices à portée de main. Barrés jusqu’à cette fin roccambolesque et animaliére (flow my tears the spider said) qui a elle seule vaut l’achat du disque, les Liars son torse nul dans un monde de frileux et s’opposent à la position fœtale du retour sur soit, s’arrachant les vicéres pour mieux nous les servir sur un plateau, encore chaudes et fumantes d’un bouillonement que l’on imagine aisément non fabriqué. On ne parle pas ici d’apocalypse malgré le choc de la déflagration, pas de feu ni de volcan crachant un sperme rouge, non la couleur est ici accéssoire, et si la fin doit ressembler à cela, il est évident que les liars viennent de nous démontrer que nous ne sommes pas sous la protection d’un dieu. Parole de menteur. Enorme.