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Le plus grand groupe du monde est de retour. Alors que Lenoir ne jure que pour The National (après des années de Swell) alors que les inrocks mangent en se dorlotent sur Gossip, je ne me reconnaît que dans les écoutes des albums des Liars. Les menteurs sont donc de retour pour un album éponyme que l’on trouvera bien plus ouvert au monde que les deux précédents. Si les prédécesseurs pouvaient servir à faire fuir des convives envahissantes en fin de soirée, ils servaient surtout à synthétiser ce qu’il peut y avoir de plus bestial. Sans complaisance les Liars sont donc de retour avec un album plus respirable (si l’on excepte leather prowler qui est ce que Sonic Youth aurait pu devenir en venant de Berlin) mais aussi intriguant. Qui aurait pu croire que le fantôme de Portishead croiserait le fer avec notre trio déjanté le temps de sailing to Byzantium morceau à l’austérité monacale. Autre fantôme celui du très tendance Joy Division sur what would they know, défiant toutes les règles marketings de l’enregistrement numérique. Cycle time lui se demande who’s who, alors que Protection pourrait sortir de la tête cintrée des Flaming Lips. Menteurs, dévastateurs, mais surtout la cause qui devrait être mondiale de protection de ce groupe, qui a une partie de sa tête à l’envers, laissant baigner les idées dans un sang bouillonnant. Liars est de plus en plus grand, de plus en plus haut, de plus en plus fort. Experimental jet set trash and no star.