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Klein avait son bleu. Soulages a son noir. Le Pen son brun. Orouni lui a la note multicolore, pas arc-en-ciel, car ce serait limiter les possibilités du garçon. Nous croisons depuis longtemps Orouni comme pas mal d’autres depuis les débuts d’ADA. Si nous ouvrons la porte souvent par politesse en espérant réduire le temps de conversation à son minimum pour certains, pour Orouni nous ouvrons tout en grand, nous rentrons le décorum Famille Adams, et nous dévalisons le premier vendeur en peinture, lui expliquant que la rencontre avec cette musique ne s’improvise pas totalement, mais que par contre elle entraine une suite d’événements loin du conformisme, mais proche de la bienveillance comme cheval de bataille.

Pour ce nouvel Orouni, "Somewhere In Dreamland - EP ", Orouni a laissé Emma Broughton (Chanteuse fantastique qui sur « The Sea Castle » touche à l’excellence) reprendre ses chansons, l’accompagnant avec une gourmandise et une attention rare. "Somewhere In Dreamland - EP " ce serait la rencontre de Beirut et Au Revoir Simone sur une plage des Caraïbes. Alors je parlais de la note Orouni comme une multitude de couleurs, mais cette note est aussi et avant tout le fruit de la recherche de la note tendre et généreuse et sa compagne la rythmique joyeuse.

Loin des paradis artificiels, de la chimie non remboursée par la sécurité sociale, des commissaires aux comptes du bonheur possible, Orouni continue son chemin, celui d’un magicien qui ose faire de la mélancolie un petit animal sautillant et de sa route un chemin vers la félicité. Merci d’exister et de mettre du rêve dans ce monde de cauchemars.