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Bonsoir, la nuit est fraiche, n’est-il pas ? Puis-je m’assoir a vos côté, quelque part on cherche tous la chaleur humaine, le plus dur, c’est de la trouver. Voyez-vous, j’ai été à côté de gens qui étaient flamme, mais rien, le froid stagnait, je me suis assis aux pieds de volcans qui gelaient directement l’âme. Puis-je, alors, tenter le chaud ici, a votre lueur ? Tout est sans doute un problème de communication, sans connaitre, ni en rêve, on en reste un peu distant, ce que je nomme le syndrome des pierres, avez-vous vu une seule fois une bonne entente entre deux roches, une osmose entre minéraux ? Alors bon, moi je m’assois et je cause tout seul, parfois je me réchauffe un petit peu. La réalité, voici le combat à gagner, la réalité. Moi j’écoute les sons pour rêver, je crois que le but de la musique est faire rêver, éloigner, alléger, envoler. La musique est là pour effacer la réalité, la vaincre. Peut être que je me trompe, et si, et si la musique était là pour que le réel soit à vivre, pour que le tactile soit feu, pour que la pierre soit mot. Ils me regardèrent d’un air profond (imaginez, visualisez ce que peut être un air profond). L’un d’eux mâchouilla trois ou quatre fois ce "peut être" comme un écho dans le grand Canyon. A son côté l’autre affirma plus clairement " Ce serait une belle bataille, le réel enfin vivable". Le troisième respira comme le font les sages avant le rituel de dire ce proverbe qui traversera les âges : "Faire de la musique c’est poser la pellicule d’un mensonge sur le réel" Le quatrième éclata de rire, et soudain la flamme envahie les corps. Je réalisais que ce quatrième n’était que mon ombre. La chaleur humaine était là. La nuit fut aussi longue que cette bouche qui sourie. Ils s’appelaient Hundred waters, Nicole, Trayer et Zach, et venaient de là-bas (Qu’importe), et la clarté qui circulaient entre eux m’avaient fait croire durant un temps qu’ils étaient là, à bousculer mon idéal de musique et rêve, en prônant le rêve dans ce jour a jour de tout un chacun. Vrai, que je ferme les yeux pour écouter la musique, vrai que j’essaye l’isolement comme un dormeur qui veut dévorer son songe, et il me semble désormais que dans notre vie physique, charnelle, la musique joue tout aussi de la fantaisie. Il est possible d’écouter la musique les yeux ouverts, ces art-rockistes m’en donnent la preuve. Leur musique est certes onirique, ces typiques envolées, ces anges qui chantent comme un vent murmure en s’échouant, ces claviers qui cherchent l’organique dans leur synthétique, ces effets de serres d’infinis espaces, des voix que l’air englue de parfums inconnus, en fait toutes ces caresses, sont refrains de plusieurs époques qui reviennent comme pleine mer, avec plus ou moins de profondeur R.E.M., plus ou moins de lumière au fond des tunnels nostalgico-tristounets. Hundred waters est maitre diplômé, maestro, apôtre et vocal de ce style, si puissant qu’il arrive à me faire douter du poids d’un rêve, si élégants qu’ils me poussent à croire que le rêve est un son sur terre. Je ne me suis jamais assis a leur côté, ceci est la part rêverie, mais j’ai vécu leur disque comme l’on rêve éveillé, ces mondes de fantaisies (rien a voir avec Disneyland etc.…), on peut vivre ce disque dans le rugir de nos métros, les semelles stressées de nos trottoirs et nos salles de bains où vibrent nos brosses a dents comme un instrument de plus, tout est affiné, tout concorde, tout entre dans cette chaleur humaine dérobée aux chimères. Leur propos est donc de faciliter le palpable, de rendre plus aisés les volumes, dimensions et matières, d’imbiber la chair d’hélium, et c’est là un propos qui me réchauffe assez pour penser à sourire. Leurs fusions de progressif, rythme R’n’B, chorales, compos classiques et gestes post-rock détourne les normes terrestres, bouleverse les notions des objets et places (voici ce qui explique que je me sois cru assis a leurs flancs). Alors oui, je veux bien ouvrir les yeux sur leurs titres enchainés comme des rues de quartiers d’un paradis parfait, et continuer a m’assoir et parler presque tout seul a tous ceux qui seront par là, je n’ai plus de siège fixe, ni besoin d’obscurité, si cette réalité sonore est pur mensonge dans le songe, elle est merveille dans l’éveil. Bonsoir, l’air est excellent en ce moment, n’est-ce pas ? Je ne veux pas gêner, mais pourrai-je m’assoir à vos côtés et vous réchauffer de quelques mélodies récemment gravées en moi, alors que je dormais les yeux béants ?




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