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La réédition de ce premier opus solo de David Fenech est l’occasion de jouer aux enquêteurs pour reconstituer le parcours du musicien et la genèse de cette œuvre.

Je parierais ainsi volontiers que la découverte de la musique de Ghédalia Tazartès a été un déclencheur dans le parcours musical de David Fenech. Jusque là, son approche était essentiellement instrumentale et improvisée. Les compositions de Ghédalia (musicien exceptionnel d’origine juive turque) lui ont ouvert un champ des possibles porté par la voix comme instrument. Un instrument unique, déformable, dont le timbre se trouve dans les tréfonds de l’âme et la caisse de résonnance dans le corps tout entier. Qu’y a-t-il donc dans le patchwork de Grand Huit ? Des accents de Camoufleur, l’apogée discographique de Gastr del Sol. Plus loin, des feulements que ne renieraient point Tom Waits. Un art du découpage sonore comme l’a initié Dominique Petitgand. Mais, au-delà de ces quelques références, David Fenech ouvre grand des portes, laisse les courants d’air balayer les pièces et souffler des mélodies qui seront emportées au vent. Il déconstruit ses morceaux et associe ensuite les pièces du puzzle pour créer des chimères. Il se paye le luxe du tubesque morceau qui donne son nom à l’album. Enfin, il crée aussi le malaise en explorant la dissonance et la répétition…

Depuis, David a poursuivi et poursuit encore son parcours musical non seulement en solo, mais aussi à travers des collaborations musicales, un regretté blog de référence (http://david-f.livejournal.com/) et une activité de label. En y regardant mieux, on découvre que sa générosité musicale, son sens de l’échange et du partage font de lui aussi bien un défricheur qu’un passeur. L’histoire est belle car ce que Ghédalia avait su générer chez lui, il a su le transmettre à d’autres.




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