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Je rangeais pour la 685ème fois ma discothèque, qui est aussi impressionnante que le nombre d’insanités dites par Cartman dans un épisode de South Park avec Tom Cruise, et à la lettre B, un artiste me filait un coup de vieux, me donnant l’impression de passer comme lui, du stade de chercheur d’or brillant, à celui de faiseur de chansons besogneux et presque chiant, oui osons le mot, chiant. Le loser de mellow gold était en chair et en son, méritant à la fois le goudron, les plumes et le droit de connaître le trépas. Depuis Odelay, c’est la lente agonie du petit Dylan biscornu, invitant les producteurs à la mode, afin de rendre présentables et attractives, des chansons qui sentaient le moisi, alors que la pisse d’âne faisait le bonheur de nos narines depuis ses débuts. Ce n’était pas sans peur, ni sans reproche immédiat que je délestais mon compte d’une poignée d’euros, m’interdisant par le même coup mon rationnement en essence pour mes deux kilomètres dominicaux entre le marché et le presbytère. Pochette austère (le Beck de mellow gold doit bien se marrer en la voyant) producteur à la mode, invitée comme la petite amie rêvée pour le blondinet, Modern guilt avait de quoi inquiéter. La première écoute confortera l’idée, la deuxième n’en parlons pas, quand à la troisième le disque a bien failli finir comme épouvantail dans des framboisiers pillés par des moineaux au courage limité. Et le mur de ma froideur naturelle c’est effrité, et « walls » m’a donné une première clef, comme si le disque devait commencer par la 6 suivre pour finir une dizaine de morceaux plus tard sur « youthless », voyageant entre « réplica » en apesanteur, « chemtrails » dans les cimes et « soul of man » dans les racines du blues. Beck, a avec ce disque, renouait avec la durée en raccourcissant ses titres, mais surtout en cachant, comme il aimait à le faire des animaux (des monstres) partout. La faiblesse du disque elle, elle réside dans son incapacité à s’imposer, à toucher direct sans pour autant délivrer tout son parfum. Modern guilt est peut être le premier disque de ce type chez Beck, une œuvre qui sent le labeur, qui laisse apparentes des cicatrices d’une lutte sans merci pour aboutir à cela. « volcano » comme épitaphe à ce disque résume à lui seul celui-ci de ces mots sans concession « « i don’t know where i’ve been but i know where i’m going ». Un beck dont vous n’aurez pas honte.




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