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L’enchanteur. Voilà ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute Jocari. Son précédent album m’avait laissé tout groggy. Celui-là continue sur la route sinueuse sur laquelle Jocari s’est lancée. Une route des champs, qui n’a fait aucun compromis avec la modernité des autoroutes. Une route où on prend le temps, où on apprécie le décor plus que la vitesse, où on se souvient du chemin, plus que du départ et de l’arrivée. Le long de ce chemin, six étapes vous attendront et vous accueilleront. Six étapes au format privilégiant une véritable échappée. A contrecourant complet, ces titres sont autant d’invitations à l’évasion, des rêveries folk qui évitent toutes les facilités dans lesquelles la plupart des songwriters se jettent à corps perdus. Jocari développe des mélodies soigneuses, travaillées, étonnantes, jusqu’à renversantes, car prenant des tournants inattendus, là où tant de gratouilleurs nous ont habitués à des suites d’accords sans saveur. Folk certes, plus précisément folk planant, et planant dans le même sens qui a servi à qualifier le rock de Pink Floyd. Avec The Vanishing Grace, on observe le portrait impressionniste d’un univers bucolique. "First christmas without you" pose tout de suite l’ambiance, avec de subtiles harmonies, de guitare et vocales. On s’envole avec les passages très aérés qui parcourent le titre. S’ensuit "Crows and cows" qui est simplement somptueux, planant, à la ligne mélodique hypnotique. On pourrait penser à Nick Drake pour cette sensibilité. "Praire sounds" est une belle ode, aux saveurs très americana. Vers 3mn30, une batterie toute en légèreté démarre le virage du morceau, puis vient une jolie partie de slide, ainsi que des belles vocalises. Dépaysement complet ! On recroisera le fantôme bienveillant de Nick Drake vers la moitié du lancinant "Slanging match in Anfield" offrant une échappée de 8 minutes ! "The sleep factory" porte bien son nom, avec une évolution harmonique aussi magnifique qu’intéressante. On croirait vraiment la bande originale d’une nuit de sommeil. Les évolutions d’accord donnent un effet velouté voire cotonneux, on s’enfonce confortablement dans ce duvet pour oreilles. L’album se finit avec "For further information" qui avance en superposant tranquillement les couches d’instrumentation sur une ligne stable. Les arrangements sont biens composés, judicieux dans leur arrivée. Très hypnotique aussi, quand la batterie et le violoncelle s’insèrent, on est happé en douceur par ce dernier morceau à la teinte mélancolique. Encore un bien bel album pour Jocari, avec encore une jolie pochette qu’on pourra s’amuser à interpréter, et encore une belle sortie pour Les disques normal qui persiste et signe pour une vision libre de la musique. A la fin de ce disque, je me suis aussi senti libre. Barclau




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