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Une entrée electro en douceur, deux guitares enlacées s’invitent, puis un banjo, et tranquillement tout un fourmillement de couches de son se superposent au fur et à mesure. Puis viennent les voix. Le tout prend un aspect folktronika ou neo-folk, selon, jouant la carte de l’ancien côtoyant le moderne. On nage en plein Tunng. Voici Banjo Consorsium. Name April met plus l’accent sur l’électro avec une sensibilité très mélodique, un peu dans l’esprit de Boards of canada sur "The campfire headphase". Grinkler démontre encore plus la minutie du groupe, son goût pour les arrangements. Le violoncelle fait la liaison de tout ce monde sonore qui s’anime autour d’une construction en boucles tandis que Rocky développe des textures sonores larges, et superpose une guitare sèche très americana, avant de faire démarrer le tout sur un rythme tranquille, toujours dans cet esprit de superposition de l’ancien et du moderne, et dans une progression vers un rythme plus soutenu, une fin ouverte, comme si tout se laissait aller. Tuesday Cracker est excellent, avec son intro au banjo sur bruit de chaise. Les violons nous emmènent dans un univers proche des B.O de Nick Cave et Warren Ellis, notamment Jesse James. Et vient un rythme electro excellent. Banjo Consorsium ou les cowboys du futur ! Unknown nous fait toucher le merveilleux avec de superbes mélodies, puis vient Until Morning, qui m’a scotché avec une mélodie profonde accompagné par un chant féminin très pur roche d’une certaine Cat Power, surtout si on pense à "You are free". Le morceau est comme habité par une tension qui reste dominée le long d’une progression en intensité discrète. Avec Grizzly, la guitare est en avant avec un peu de slide, liant tout ce fourmillement électronique, qui amène à une fin en rythme soutenu. Les sons électroniques sont à la limite du bruitiste, c’est très vivant, ça me fait aussi penser un peu à Mugison. On finit tout en sobriété avec The letter M et ses notes boisées, pour un esprit très americana avec cette guitare sèche et une voix qui fait des vocalises. On pourrait s’imaginer un bûcheron mélomane. Banjo Consorsium, c’est un peu comme un groupe qui se serait perdu dans une cabane au fond des bois, mais qui pourtant aurait installé l’électricité, pris ses samplers, son ordi, sa groove box et son banjo et ses violons. Ce qui fait que "A turning one" est un album parfois magique, osé, intéressant, quasi instrumental, parcouru de soubresauts, idéal pour les amoureux de Tunng, Mice Parade, Hood...Les morceaux sont assez longs, parfait pour installer une atmosphère. La construction en progression a tendance a être systématique, mais c’est cohérent avec la sensibilité electro du projet. Ce que j’aime aussi avec ce disque, en dehors des qualités qu’on vient de souligner, c’est qu’on peut l’écouter en s’isolant, en plongeant dedans, mais aussi en le survolant, en faisant autre chose. Certains albums ne tiennent qu’à un type d’écoute, très attentive, celui-ci pourra vous plaire de plusieurs façons. Si vous vous arrêtez pour le savourer, vous serez transporté, si vous êtes occupé à d’autres activités, et que vous aimez les faire en musique, il vous accompagnera parfaitement. Barclau




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