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Evacuons le sujet rapidement, oui nous pensons à Kurt Warner et à son Lambchop, mais en quoi cela gênerait, devons nous nous offusquez des influences d’Animal Collective, pourrions nous nous passer du cinéma des frères Coen sous prétexte qu’ils piochent dans celui de glorieux anciens, condamnons nous unanimement Didier Porte de suivre la langue française expliqué par Desproges ?

Chaudes comme un bon pain que l’on sortirait du four, les chansons de Leo(88)man sont des histoires que l’on écouterait le soir à la veillée, les yeux tout à la fois écarquillés et humidifiés par la mélancolie et la tristesse qu’elles dégagent. Apprivoisant sa voix comme un peintre prolongerait de façon incroyable son bras d’un pinceau perpétuel Leo sait l’accompagner. On pense parfois à la démarche des chevaux d’un concours de dressage, alliant la force et la grâce, donnant au cavalier la sensation de toucher du doigt la perfection dans le mouvement. On ferme les yeux, on visualise l’équidé sautillant, paraissant rebondir, presque planer au dessus sur un nuage. Avec un côté suranné dans le choix des instruments (Dry Out) l’inscription dans une histoire au long cours est évidente. Le disque n’est pas un disque de mode, il allie country désenchanté, au blues sous un soleil plombé, il combine la force de sa voix qui est un sentiment à elle seule, à des envies de tourner sur soit même comme sur le jazzy « Typing Paper », monument de ce disque, pierre plus qu’angulaire, avec « Speaking Parts », qu’est cet album presque monolithique.

Alors écoutez croustiller la croute de ce pain chaud, écoutez les bulles d’air s’amuser de ces saveurs, sentez cette odeur incomparable, et profitez de cette distribution. Chaud et tendre.




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