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Réussir une allégorie de nos vies en parlant d’Himalaya puis nous faire pleurer sur le sort des premières dames de France pour ensuite se moquer de la grandeur des marins, mettre sur un trône le Trust de Bonvoisin pour enfin donner une leçon de vie grâce à un Name Dropping littéraire, c’est le tour de force de Grand Hôtel. Grand Hôtel c’est avant tout Temper, unique référence française de l’excellent label Talitres, auteur d’un album à la radicalité nue rare. La vie au périscope est à l’image des sumos en devenir qui ornent la pochette, un EP qui se sert de la poussée extérieure pour faire valser l’autre. Musicalement plus proche des voyages sans filet de Television que des lignes mélodiques de Radiohead, Grand Hôtel séduit avant tout par des textes doux et amères, toujours en décalages, l’humour comme décapsuleur d’une rage qui se fait connaître par les guitares. On ne peut que souscrire à un Labro non trop, c’est trop, souscrire à cette rencontre avec la pauvre Anémone Giscard et applaudir au décalage de perception sur le mérite des grands voyageurs. On peut lire sur le site du groupe que Grand Hôtel est avant tout un challenge, celui d’une écriture en français. Le challenge est relevé avec maestria n’en déplaise peut être à Kersauson, ou à Delerm, qui s’il était moins sinistrement chiant…. pourrait voir autre chose que sa vie au périscope. Un album en cinémascope finissant en rappel sur un drôle de cousin au dirty boulevard de Lou Reed. Trois étoiles.




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