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Sans que nous n’y prenons garde, Courtney Barnett s’est imposée dans notre paysage indie machin truc. Nous ne laissons rien s’installer (songez que nous achetons des robots pour aspirer et laver, rendant la présence d’un chant turbulent presque invisible.) et pourtant, Courtney installe son univers avec une tranquillité assez étonnante, donnant à sa musique et à son chant une forme de détachement dans cette époque de la vie version papier collant sous nos semelles. Et c’est peut-être là que pourrait se trouver le ver. Car comment ne pas tomber dans la routine, et vivre sur ses acquis ?. Quelque part, ce nouvel album a au premier abord un côté plan-plan, mais au fil des écoutes, si l’univers de Courtney n’est pas chamboulé, il se déplace à la même vitesse que les côtes se font ronger, nous submergeant petit à petit. Courtney en continuant de parler de nos vies, avec la même méticulosité d’un chercheur rêveur, tente ici une escapade sur une terre encore inexplorée dans ses chansons, celle de l’amour. En passant ce cap de la chanson d’amour, elle semble avoir insufflé quelque chose de neuf dans son répertoire, dans sa façon de construire ses chansons, mais avant tout dans l’éclairage plus fort, baignant dans la lumière au détriment d’une ombre (celle de la pudeur ?) dans laquelle elle pouvait se perdre. Sans entamer un virage radical, Courtney Barnett fait le petit pas de côté nécessaire et suffisant pour la faire entrer définitivement dans la liste restreinte des musiciens qui comptent pour nous. Une éclipse de Lune au profit d’un astre plus chaud.




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