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2002 : Aidan Moffat, moitié joufflue d’Arab Strap, se présente sous les traits de Lucky Pierre comme le théoricien musical des nuits sans sommeil des jeunes indie-boys and girls tourmentés. Et éveille, avec l’excellent Hypnogogia, la curiosité salace des cinéphiles adeptes des salles sombres à (très) large majorité masculine qui se rappellent avec émotions Les Aventures de Pierre Le Chanceux période sexploitation. 2005 : Lucky Pierre s’ampute de quatre lettres et devient L Pierre. La charge érotique portée par le pseudonyme et qui se dégageait de l’écoute de son premier effort-terme pour le moins inadéquat comme le précise Moffat lui-même qui évoque à son propos le résultat d’une " paresse " assumée-s’en trouve-t-elle amoindrie ? Négatif. Elle transpire en premier lieu au travers de l’utilisation clin d’œil des titres : " Baby Breeze " en l’espèce peuplait les magazines pour adultes du jeune Moffat avant que de ne prêter son nom au quatrième titre de Touchpool, second album de l’Ecossais et pure merveille d’instrumental downtempo. L’érotisme suinte ensuite de chacun des morceaux. Considérons à nouveau Baby Breeze, où l’on retrouve-pour l’anecdote-Malcom Middleton à la basse. Le morceau débute par un sample vibrant de cordes façon co(u)p(i)er-coller rapidement télescopé par une boîte à rythmes Cash Occase au charley poisseux et se développe, porté par une guitare peu loquace qui tente vainement de raisonner l’ensemble. Un morceau qui donne furieusement envie de baiser. Et vous en laisse le temps (près de 8 minutes, ouais je sais…). Le reste est à l’avenant comme on dit dans Magic. Comprenez un corps à corps languide entre l’instrument et la machine, entre la résultante des deux et l’auditeur. Et dieu que c’est bon. Prenez " Velbon ", que l’on pourrait rebaptiser Beethoven meets Eno (vous saisissez ?), ou le morceau que Mr l’Ambassadeur pourrait jouer dans ses salons et dans l’attente de ses convives, seul au piano. Un Ambassadeur qui transformerait ensuite sa fameuse réception en méchante touze où les codes de la bonne société autoriseraient désormais qu’on se saisisse à pleines mains de ses Ferrero Rocher (" Total Horizontal ", explicite rencontre trompette-piano-et beats syncopés). Avant cela, les esprits se seraient échauffés sur un " Jim Dodge Dines At The Penguin Café " d’inspiration tropicaliste et qui symbolise à lui seul l’évolution dans la continuité de Touchpool au regard de Hypnogogia : la convocation d’instruments et d’instrumentistes de talent (repérés sur scène aux côtés d’Arab Strap). Le tout confère une plus grande homogénéité au disque qui paraît plus construit sans en devenir rigide. Il s’en dégage l’atmosphère décrite dans ces lignes : sereine, sexuelle et parfaitement addictive. Melodic, définitivement " the coolest label in the country ". Pour paraphraser un magazine britannique à trois lettres…




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