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Il y a trois ans, nous succombions au charme de la belle Insouciance de Baptiste W.Hamon, ses balades entre Les bords de L’Yonne et les grands plaines américaines, ses compositions alliant folk et americana composées sous le regard bienveillant des maîtres du genre, que le duo avec Bonny Prince Billy illustrait à merveille.

Soleil, Soleil Bleu, qui ouvre le disque, reprend le fil des compositions qui marient l’influence des deux contrées : Coming Home, chanté en anglais, constituant le titre le plus ouvertement sous influence du deep-south américain alors que dans l’intervalle, Je Brûle dépeint avec une sincérité confondante le sentiment amoureux, le romantisme exacerbé digne des plus grands héros truffaldiens.

Les trois années qui séparent Soleil, Soleil Bleu de l’Insouciance ont également ouvert des perspectives plus ludiques et séductrices sur le très réussi Bloody Mary titre qui, à lui seul, fait exploser les nouvelles directives gouvernementales en matière de prévention des risques liés à l’alcool : ce cocktail là, tous les jours et plus de deux fois par jour semble la seule posologie censée.

En contrepoint de cette énergie euphorisante, la gravité accompagne Le Visage des Anges et ses arrangements de cordes amples et majestueux et encore plus Hervé, texte bouleversant chanté en duo avec Miossec dont la présence aux côtés de Baptiste W.Hamon de ce côté de l’Atlantique est aussi naturelle que celle de Will Oldham de l’autre l’était sur l’Insouciance. Ce dernier est encore présent en ombre shamanique à travers une réinterprétation d’un de ces titres avec Mon Capitaine.

Au cœur du disque, l’enchainement de J’aimerais tant que tu reviennes et de Comme on est bien, laissent s’épancher une mélancolie infinie, portée par des cœurs et des arrangements sublimes, s’imposant au panthéon des morceaux vers lesquels nous nous précipiterons encore longtemps pour, (comme nous le conseillait Christophe Honoré dans Dans Paris en 2006), prendre soin de notre tristesse et accueillir nos jours de chiale :

(…) Juste elle pleurait, comme un Boudha, une divinité du genre. Et c’est impossible pour les autres d’admettre qu’on puisse pleurer de cette manière là, avec ce sourire (…).

Car c’est cela peut-être, cet équilibre insensé d’émotions qui se distillent en nous au fil des écoutes de Soleil, Soleil Bleu qui fait que, celui-ci fait, fera, surement pour les années à venir, un peu partie de nous.




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