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Lion In Bed résulte de la confrontation entre l’univers éclectique et original de Mickaël Mottet et les excentricités vocales, parfois sensuelles, souvent enfantines de Schérazed. Tous deux ont comme point commun une identité musicale déjà forte, mais également une approche assez minimaliste de la musique, comme le prouvent leurs précédents projets (Angil & the Hiddentracks ou Angil Was a Cat pour le premier, Dotsy Dot pour la seconde), et ce premier LP de Lion In Bed ne fait pas exception.

Posés sur des rythmiques simples et volatiles ou de primitives boîtes à rythmes, les guitares saturées et lointaines et les claviers rudimentaires laissent la part du lion aux deux voix qui se font successivement l’écho l’une de l’autre. De son chant souvent scandé avec Angil, presque hip-hop à la cLOUDDEAD, Mickaël a gardé le côté répétitif (Our Favourite Fears) tout en s’orientant vers un style plus mélodique et accessible (There is a Halo, I Wish I Stayed). Schérazed quant à elle a su maitriser sa puissance vocale et éviter l’écueil des vocalises inutiles et démonstratives, se concentrant plutôt sur des mélodies riches et efficaces, toutes en pudeur et retenue, souvent doublées, rappelant l’extravagante gémellité de Cocorosie (Spell, Nobody’s Bitch). Et lorsqu’elle rejoint son compagnon en chœurs aériens (Our Favourite Fears, I Wish I Stayed), les deux voix ne font plus qu’une, avec une harmonie se rapprochant de la perfection du duo Mimi Parker/Alan Sparhawk de Low.

Lion In Bed signe avec ce premier LP un excellent album de pop dépouillée, originale et mature, dont le minimalisme et les partis pris m’ont souvent évoqué les débuts de Dominique A (période La Fossette). Il n’est peut-être pas trop tard pour participer au crowfunding que le groupe a lancé sur Microculture pour financer l’album, même si les objectifs ont heureusement déjà été atteints. Lion In Bed a été mixé par l’ex-Angil Flavien Girard, qui les accompagnera également à la batterie en concert, et je suis curieux et enthousiaste de découvrir comment le trio le défendra sur scène.

Et pour conclure, je me permets de vous donner l’avis d’experte de ma fille de 9 ans : "Elle est trop belle la voix de la fille qui chante, là" (Manchester Blues). CQFD.




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