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Et à chaque fois je me fais avoir comme une buse. Depuis "Maxinquaye" et surtout "Pré Millenium Tension" et le projet Nearly God, je tiens Tricky pour un des meilleurs de sa génération . Un écorché vif, qui taille sa musique comme il refait ses cordes vocales, avec le bonheur des psychotropes et les effets indésirables qui vont avec.

Mais Tricky est surtout devenu l’arlésienne. D’album en album, cet ange noir nous aguiche, nous faisant croire que le meilleur est pour maintenant. Et d’album en album la déception est de plus en plus vive, et le gamin attachant qui retournait voir son ancienne école dans un documentaire prenant, a semble t’il laissé pas mal de ses illusions sur les banc de la Wild Bunch, ayant peut être définitivement perdu une écrire acide, sensuelle, mordante, piquante, dérangeante.

Tricky est devenu un robinet d’eau tiède, un boxeur qui semble combattre un fantôme (peut être lui) ne touchant que les cordes d’une sensiblerie qui tiendra son auditoire éveillé, mais pas KO de plaisir.

Alors les fulgurances sont là, « Bonny & Clyde » ou « Nothing’s Changed » nourrissent un espoir glacé par des essais déconcertant (« Valentine » une fausse bonne idée que cet hommage à Chet Baker, pire qu’un duo entre Michel Berger et France Gall dans une bulle virtuelle)

Il aura beau s’évertuer à donner dans la chanteuse aussi lascive que sensuelle, Tricky se prend les pieds épais de sa discographie, s’oubliant presque comme un retraité que l’on aurait laissé seul dans une pièce un soir de Noël. Il nous faudra peut être un jour voir la chose en face, le gars qui nous chantait « Tricky Kid » a probablement abandonné une progéniture promise à l’excellence, faisant d’elle une génération gâchée.

« False Idols », un constat que nous faisons avec l’enfant de Bristol. Tricky ne met plus la trique. Brand New You’re Retro.




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