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Si il y a bien un reproche que nous nous faisons, c’est de ne pas coller toujours à la sortie du disque. Parfois certains disques serviront, bien malgré eux de réceptacle des nouveautés, restant enfouis sous une tonne de celles ci, partant même parfois dans une boite qui ne reverra jamais le jour. Combien de disques donc auront lettre morte, par faute d’un temps qui semble se raccourcir à mesure que nous nous informons de plus en plus rapidement…bien paradoxal tout cela.

Saso n’aura pas connue ce triste sort, je peux même dire qu’elle fera parti des chroniques les plus rapides entre la réception l’écoute et la mise en ligne. Le papier plastique ne sera pas encore parti dans le camion des éboueurs que vous aurez déjà lu ces quelques mots maladroits, qui vous persuaderons je l’espére que nous plonger dans l’univers bucolique et presque onirique de Saso. Originaire le Lille, Saso transporte dans sa musique l’atmosphère parfois sombre de la métropole du Nord, même si c’est un cliché de voir le disque par ce prisme. Car si la pluie (que l’on entend sur le magnifique « Go ») et le ciel voilé sont des éléments à prendre en compte quand il est question de parler de cette écriture mélancolique, la lumière vient perturber tout cela. Sans ces éclaircies d’ailleurs « Wolf and Birds » pourrait répondre vingt ans après au premier album de Cat Power, celui dans lequel les fantômes se sentent comme un élu UMP dans les Hauts de Seine, c’est à dire à la maison.

Ce qui a fait que Saso est déjà chroniquée, c’est avant tout car « Sleep « est une clé attrayante nous permettant d’ouvrir une porte qui se refermera derrière nous. Titre à plusieurs étages, « Sleep » est une mantra qui ne veut pas s’avouer, pas s’afficher avec trop d’ostentation. Alors elle demandera à des guitares de la porter jusque son dernier souffle. Après une telle entrée en matière je ne pouvais plus faire marche arriére, et je me suis laissé happé par des chansons (dont une en français, le très émouvant « La Route ») tellement familières que nous nous les approprions dés la première écoute. Je retiendrais plus particulièrement « Go » titre quasi épique, magnifié de façon étonnante par un accordéon et un clavier, deux instruments utilisés ici avec une délicatesse telle que même un saxophone joué avec cette même retenue me ferait aimer l’instrument. Saso est ici tout à la fois comme une petite fille perdue dans un pays inquiétant, et une femme forte arrivant à affronter l’hostilité en la recouvrant des couleurs d’un arc en ciel au pied duquel des mélodies fantastiques furent offertes à Saso.

Saso, ou comment la fragilité s’impose avec force. Coup de cœur.




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