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Lunt est aussi mystérieux que sa pochette, un bâtiment froid, sortant du noir par une lumière intime, sorte de fondation sortie de terre depuis le mon oncle de Tati. Entre la lumière et le noir Lunt n’a pas choisi, préférant nous laisser dans le doute quitte à décontenancer l’auditeur et déstabiliser nos sens. Loretta is dreaming est un lâchage de la bombe atomique de docteur folamour, histoire de pouvoir reconstruire sur un terrain en friche. Sur celle ci Lunt décline une folk song détraquée (love is wasted time) qui fulmine en incantation proche de cette d’house of love en pleine forme. De son penchant vers le visuel sortira The black butterfly une déclamation là haut sur la lune en cinémascope. Car sur la lune il vaut mieux s’y réfugier quand arrive Waiting for expectations, ambiant et instable, dans une jungle aux bruits inquiétants. Lugubre et dépaysant, tout comme One day, chanté et hanté. Morceau qui imbrique dans un rythme simple une ambiance de fin de vie dans la déconstruction. Tourneboulé, chaviré, extenué, the closer absence ne sera pas notre répit, un post rock ou une chanson folk, on ne sait plus très bien, et lunt non plus, lui se laissant porté au gré de l’improvisation. S’il habitait sur les côtes, sa musique serait marquée par les vagues de la mer. Voulant sortir de cet univers, Warm rain taste like tears happé d’une main par Lunt, nous happe à son tour pour nous emmener, loin, car sur Witness Lunt est loin. Tout juste perceptible sous des tonnes de micros sonorités hybrides. Un post rock sans balise se plongeant dans une fin " sonic youthesque ". Le gang de new York sera d’ailleurs l’influence de cette fin (final song) qui prend autant ses racines chez syd barret que chez eux. Une chanson de fin cataclysmique sur du cours terme, mais aussi la remise en cause du principe même de stabilité. Lunt est instable, nous faisant chavirer pour mieux nous effrayer. Mystérieux et unique.