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Michel Aka Moonman doit avoir un alibi impressionnant pour chanter comme Lou Barlow la tête dans le vide une semelle de chaussure sur la carotide. Nous avions mis déjà pas mal de temps à nous habituer à cette voix qui n’attrape pas les abeilles avec du miel ou de la confiture. De ces chansons collages, nous avions gardé du précèdent effort de Moonman un témoignage pour les générations futures afin de les préparer à la suite. Cette suite c’est Necessary Aliblis, disque aux manettes duquel Gilles Deles (Lunt, Angil, Half Asleep) prouve à ceux qui pouvaient en douter que production ne veut pas dire soumission. Heureusement d’ailleurs, car d’aucun aurait falsifié careless cigarette burn pour en faire un tapis sur lequel nous aurions essuyé les minutes de l’ennui. Moonman pour attirer a certes baissé la garde, mais comment s’en plaindre quand on repense aux séances de réanimation nécessaires après les écoutes de manipulators. Guitare au-devant (l’hargneux mascara and Glitch) arrangement assouplissant le propos, Moonman se transforme de pompier en cow-boy charmeur (self made man) pouvant souffrir de la comparaison avec un Joseph Arthur en passe de connaître le calme sous son crâne. En assouplissant, en arrondissant les angles de son écriture Moonman prendra acte de sa nouvelle perception. Nécessaire.