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Moonman est certainement le disque le moins absorbant à la première écoute que j’ai écouté depuis longtemps. Comme un père Ubu naissant (critical anxiety) au moment du développement des mixtures electro, Moonman chante de façon passive et fatiguée sur des rythmes binaires et plats, faisant de l’écoute une rentrée dans l’apathie. Triste comme un paysage de Kandinsky à ses débuts, Moonman demandera à son auditoire de prendre le temps de se prendre en main le temps qu’il installe dans cet environnement quasi fœtal, une ambiance tenant à la fois de la mélancolie non avouée car trop féminine et du repos sonique pour des besoins plus discursifs (ruby with wings) que vainement auteuristes. D’un disque donc non absorbant, cet album de moonman deviendra très vite une deuxième peau, un t-shirt humide et collant qui àla fois rafraîchit mais vous colle dessus. On restera admiratif face à la simple complexité de ce disque, lui préférant certes des disques plus abordables directement sur le moment, mais lui donnant le statut de station de vacances un brin sadique, vers laquelle on passera des vacances quand les productions annexes pourfendront la simplicité mais feront de la nouveauté un nouvel état de stagnation. On foule la lune comme une terre connue, l’esprit moins lourd de l’appréhension avec la certitude de ne jamais remettre à demain ce que l’on peut faire même à contrecœur. Ce qui heureusement n’a jamais été le cas de cette chronique. Moonman est à suivre.