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Depuis Dry il y a deux personnages qui se croisent et s’entrecroisent. Il y a Polly Jean Harvey cette fille rêche du Dorset, qui aime la boue et la nature, et puis PJ Harvey, la show-woman moitié vampirella, moitié femme fatale. L’une souvent brute, l’autre aimant les canapés douillés des studios et les chansons en robe du soir. Parfois les deux se mêlent, chacune essayant de prendre le dessus quitte à se cramer les ailes (Is This Desire). Avec Uh Huh Her (quel étrange cri) Polly jean est aux commandes, portant le blues au bout des doigts sur une guitare qui devait dormir depuis Rid Of Me. La peau soyeuse et parfumée sur des os piquants, tout en étant nue, la belle anglaise regorge de terrain secret et nous démontre (pochet knife) que même dix ans après elle peut rester vierge de tout et nous balancer des morceaux à la juvénilité et la spontanéité rare pour une artiste de sa trempe. Quasiment seule à bord elle n’a pas besoin de feindre l’abandon (the darker days of me & him) pour nous glacer. Pendant peut être moins rêche de dry, Uh Huh Her étonne plus qu’aucun album de PJ (le poignant the desesperate kingdom of love). Peut être parfois trop où on l’attend, PJ Harvey sort avec Uh Huh Her son album le plus surprenant. Rien n’est ici dans la surenchère technique ou Lo Fi (tient il y avait longtemps que je n’avais pas employé cette expression) tout est porteur d’un message simple, Uh Huh Her est le meilleur album de la belle depuis le dévastateur et inégalable Dry. Reste à connaître le Dorset, à prendre le temps de marcher, de respirer et de sentir que dans Uh Huh Her se trouve le cri d’une sirène fantôme. J’ai porté la plume sur le papier et appuyé……..Merci Polly.