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Pour sa première référence française le label bordelais talitres n’a pas fait les choses dans la facilité. Pas de fioriture, pas de joli habillage, pas de single à extraire ici. Temper si je me laissait partir dans une boutade facile (mais suis je déjà tombé dans la facilité ici ?) temper a du tempérament. Non pas que New place new face soit un disque de cri et de fureur, bien au contraire, mais c’est qu’Anne laure, arnaud et JP ne sont pas adeptes de la mise en condition et de la surabondance gratuite. Sur une ligne de basse une guitare s’avance sans monter sur ces ergots, une batterie elle s’accommode du climat alors que le chant se pose à l’aventure, lorgnant vers le chant narratif d’un lou reed des bons jours. Ce qui fascine c’est que rien n’est là au hasard, tout est pesé, mais rien de cela ne se laisse même entrevoir. Aride, se disque fera comme un fleuve son lit progressivement, se mêlant habillement au combat que peut gagner l’ascétisme contre un trompe-l’oeil. Pas de fioritures, smart et courageous dans cette société du maquillage et du lifting révisionniste. Temper ne va vous sauter aux oreilles, non c’est évident, il va prendre son temps, vous prendre, vous râper, se frotter à vous sans caresse, pour que vous finissiez par l’adopter, avant de vous sauter à la gorge une bonne fois pour toute. Dans temper, il y a temps, sans s, sans ce pluriel de la nuit des temps, car new place new face en réclame, tout en étant hors de celui-ci. Bonne pioche.




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