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C’est peu de dire que Super Parquet est un groupe libre. Insaisissable, volontiers roublard, gentiment provocateur, chantre d’une indépendance radicale (on est à ce stade de notre découverte pas du tout surpris de les voir signés par les fureteurs gascons de Pagans), le quartet prend un malin plaisir à (se) dérouter - jamais là où on l’attend ; jamais là où certains désireraient le voir une bonne fois pour toute : bien tranquille, sage. Pas moyen !

Par contre, ces quatre gars sont là où ça se passe, quoiqu’il advienne. C’est à dire, peut-être malgré eux, un peu ailleurs, en marge voire en avance. Un brin décalé, en somme.

Il suffit de jeter ne serait-ce qu’une oreille distraite sur leur premier Lp pour mesurer, au-delà de la puissance intrinsèque de l’ouvrage, à quel point tout ce qui se trame ici, dans l’esthétique même du projet, provient immanquablement de géniales intuitions : mettre en lumière la transe originelle qui irradie de vieux morceaux issus des musiques populaires pluriséculaires en la combinant à une électro savante on ne peut plus moderne.

Avec cette hybridation, Super Parquet colle de très près à l’esprit des grands explorateurs sonores du Free Jazz et de la musique expérimentale. Le quartet (on pourrait d’ailleurs parler de quintet tant leur ingé son occupe une place centrale dans le groupe) s’attache à dynamiser le cadre traditionnel d’un folklore porteur d’une charge émotionnelle indéniable encore aujourd’hui, en insufflant une relation entre instruments (cabrette, banjo ...) et machines fondée sur la recherche d’ambiances et surtout la conquête du dance-floor. Un parti pris courageux et ma foi un pari largement remporté.

Effectivement, on les sent en quête. Toujours. En chantier. Au plus près de leurs désirs, de leurs pulsions internes, ouvert au monde aussi, à ses interrogations, ses pulsations. On les croit dans l’anticipation continuelle de la beauté à venir, questionnant sans cesse leur art et sa pratique pour les rendre encore plus fédérateurs. A ce sujet, ce n’est à nouveau pas étonnant d’apprendre que l’ensemble de leurs titres sont édités sous licences "Creative Commons" et donnés en partage, offerts à qui voudra les incrémenter, les transformer, les envoyer encore plus loin.

Ne reste plus qu’à attendre de recevoir ces offrandes, en direct, en allant les voir sur scène bientôt. Un grand moment en perspective !




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