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On m’a dit Lloyd Cole, on m’a dit Big star, le velvet, Appartments, on m’a dit même Lynch… Croyez-vous vraiment que je ne piquerai pas à cet appât ?

J’ai découvert le léger plaisir de l’or

Dans les mondes aurifères, il y a cet esprit ensoleillé des Californies, ces osmoses vocales de Simon and Garfunkel, délicat, sensible, tout simple comme un bonheur, harmonies beach boys, coucher de soleil pleine montagne, contrées passées les bras tendus hors des véhicules, il y a le bonheur, en chair et en os, oui, surement toute cette ère libre qui cisaillait les 60 en 70’s, ce renouveau de la nature comme rythme d’assaut, cette envie de musique pensée comme un écho a nos battements de cœurs, dois-je le redire, le bonheur.

En se penchant sur les sonorités flottantes, riches, on découvre le petit art des deux ex-Vérone, Stéphane Auzenet et Riatto, musiciens parsemés, rencontrés entre eux devant des pages sonores ébauchées, a qui s’unit bientôt par Matthieu Blanc dont les cuivres vinrent étinceler d’une manière « Paolino Park » sur les amusements mélodiques des deux véronais , et du trio jaillir ce somptueux, intime et coloré Ep. Frais aux étés, chaud aux hivers, intemporel, d’harmonies précieuses, faciles a graver sur nos plèvres, gardant ces quelques rugosités velvetiennes des cordes de guitares et la finesse sage des fonds sonores. Quelques effluves des scènes french de la fumeuses Rennes des 80’S, quand les Daho swinguaient avant de popper, et songeaient a quatre hivers, quand Darcel donnait encore du vif dans la chair pop, et ce "Concrete" merveilleux qui sent a cela, a nos jeunesses estivales de grandiloquentes gestes, orchestrations lumineuses, pompeuses, maniérées et enveloppantes, et timides maladresses de langages et de mouvements, ces torsions de voix qui craignent l’accident, le trop dit devant le premier amour, la rougeur des joues, cette petite peur d’oser, cette même petite crainte que je ressens dans les contes de The Divine comedy et dans ce renouveau folk velouté de Phosphorescent, Patrick Watson ou Other lives, sans se choquer des empreintes des charlatans et autres Mancuniens, oui, j’ai découvert l’or dans le petit ru Ep1. Ces petits morceaux offerts comme des petits dialogues, aveux, a la tombée de nuits adolescentes, sont précis, enchainent simples accords et touffus paysages, grandissent comme prenant de la vaillance, trouvant peu a peu des courages, pour ouvrir portes et cœurs, passant du naïf a l’assurance, du shy guy au wonder boy, avec des petits airs de marins sur la grève, de voyageur en attente du grand large, la poésie humaine du normal, cette prose si difficile d’accès qui, ici, flotte comme le papier sur l’eau, naturellement, surement parce que ce trio, voulait juste faire de la musique, aucun chaos, aucun bouleversement aucun coup, le seul bénéfice de l’ouïe… là est l’or découvert. Bizarrement, j’ai cité beaucoup plus d’influence que je ne fais d’habitude, cela est surement du a ce flashback obligé dans ces années « House of love » où ma vie s’irriguait de petits amours sans lendemains mais heureux, et les acoustiques sonnaient comme symphonies d’orchestre, a ce besoin de retrouver ce « Forest fire », et de le juxtaposer a notre présent, la nécessité d’éviter le plastique sonore, de retomber dans le cru, le brut du son, la superficie de l’esprit, le primitif acte d’écouter, se régaler, vous savez, vous vous souvenez, se régaler. Faisons une bonne action qui nous bénéficiera sans nul doute, faisons nous du bien, aidons a la conservation des roseaux, rejoignons cette société (il y a du romantisme victorien dans ce nom et dans ces chansons), simplement, laissons nous bercer telle la plante au bord du ruisseau, là où l’or, là où l’or dort.




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