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Des engins de plus en plus surréalistes peuplent nos villes, dans le souci de se déplacer autrement qu’en voiture ou en transport en commun, d’être autonome, et pour beaucoup avoir l’air cool, comme si nous n’en faisions déjà pas trop avec les fringues.

L’un objet qui peuple également nos campagnes et nos forêts sont des brassières équipées d’une pochette pouvant accueillir un smartphone, celui-ci calculant vos pas et en vous accompagnant en musique pendant un jogging. « The Pool » de The Soft Rider (projet de Laurence Wasser) inspiré par la littérature de JG Ballard comme du psychédélisme californien, semble construit pour une séance de jogging, prenant même les atours d’une session construite pendant une course, avec ses essoufflements, ses accélérations et ses périodes de reprise.

Cette course pourrait se pratiquer sur des autobahns, entre clairs-obscurs, jouant des teintes violacées des lumières des entrées de tunnel, slalomant entre des engins qui sembleront fixés, inertes, comme bloqués dans un temps ancien qu’il serait temps de rendre révolu, sous peine de ne plus voir la lumière du soleil. Les contacts impossibles, car la méprise du déplacement est impitoyable, font que la suggestion ne titille, et les pulsations (Around Me) n’auront pas d’état d’âme pour nos pulsions les plus primaires, les laissant sur la route avec un rictus aussi pervers que charmeur.

« The Pool » est donc un EP à ne pas écouter en marchant, pas plus qu’il ne vous sera conseillé de l’écouter couché, ou pas seul (Words). Un désir d’avenir.




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