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À grand renfort d’une communication aussi agressive que celle de Mac Donald voulant lancer son nouveau sandwich à la viande de taureau, Arcade Fire est donc arrivé avec son disque le plus grossièrement pourvu d’un message. Se voulant être une sorte de mine faisant exploser le système de l’intérieur, les Canadiens signent une couche supplémentaire à la protection du système, réévaluant 20 ans après la tournée PopMart tour de U2 qui au moins faisait cela avec une grosse banane (et un citron) et une autodérision que nous regrettons à l’heure actuelle.

L’album n’est pas un crash involontaire ou volontaire, un suicide assisté, mais il frise une sorte de suicide ou alors de séquestration, de syndrome de Stockholm à son paroxysme, celui entre un groupe mangeur d’espace et effaceur de silence et des apprentis, pour le coup pas très sorciers, trop contents de jouer avec l’une des valeurs sures de la scène indé. On se demande bien où est la touche d’un des hommes casqués tant la trace de celui-ci semble aussi difficile à trouver que de la finesse dans un téléfilm de TF1.

Soyons honnêtes, tout n’est pas à jeter dans ce disque. Nous pouvons déjà saluer la quasi-absence des vocalises insoutenables d’une Regine Chassagne qui semble vouloir toucher du doigt le ridicule que ce soit par les tenues ou par le chant (où êtes-vous belle Régine de « Funeral »). Ensuite passé "Electric Blue" le disque (bon je sais il ne reste alors qu’un tiers du disque) décolle vers de belles altitudes ("Good God Damn" séduit par sa fragilité autant que par sa construction). " Everything Now " premier morceau lancé sur les ondes (bon je sais plus personne n’écoute la radio via un poste, et alors !!) laissait perplexe surtout quand on le comparait à "Reflektor" probablement le meilleur single du groupe. Il y avait déjà à l’écoute de ce morceau la sensation d’entendre un groupe s’en allant vers un ailleurs que nous n’imaginions quand même pas aussi moche que " Creature Confort " " Peter Pan " " Chemistry " (oh secours) " infinite content " (accablant).

« Everything Now » est un disque boursouflé en l’absence de plus qu’une idée. Partant d’une envie d’en découdre avec un concept, une idée, le groupe se fracasse dans un mur de vacuité, oubliant avant de rentrer en studio d’écrire des chansons, se faisant ensuite explosé par des connexions étonnantes et des pensées malsaines ou non maitrisées.

Sortie de route arrivée en plein été quand l’indulgence fait que nous en serions presque à nous autoriser de bouger notre corps sur un tube dégoulinant d’un savoir-faire marchand avant d’être musical, ce 5 éme album d’Arcade Fire a certainement bénéficié de l’indulgence des soirées festivalières, offrant au disque un enterrement de première classe, sans jamais le faire rentrer dans nos mémoires. En cette rentrée scolaire élèves Chassagne, Butler et autres revoyez urgemment votre copie, le passage en classe supérieure est plus que compromis. " Eveything now ", un disque à vous faire aimer Coldplay (nous aussi nous sommes capables d’accroches aussi vindicatives que creuses).




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