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Little silence définie la fantaisie comme sonorité. Le petit groupe Marseillais offre pour nos ouïes, humblement et en toute sagesse des chansons inspirées de l’univers de Twin Peaks. On y retrouve en effet cette solitude, ces non-sens et cette absurdité tant humaine dans les paroles et l’ambiance, et surtout, le son du rêve. Nul doute que l’œuvre télévisuelle de David Lynch (et Mark Frost) qui marqua l’esthétique et presque la philosophie des années 90, a aussi son envoutement sur le sonore. Un héritage qui demeure dans notre nouveau siècle avec peut-être plus de profondeur, chaque décade découvre une nouvelle porte, une nouvelle possibilité pour Laura, et une base pour des études de tout genre, surtout, artistique. C’est donc sans surprise mais avec beaucoup d’intérêt que je prends cet Ep. du groupe marseillais Little silence. Non pas pour être fan, car je ne suis pas calé sur cette série, plus sur David Lynch, et ses atmosphères ouvertes a magies et cauchemars. L’intérêt, est voir son traitement, ses retombées, la magie Lynch qui sublime tout ce qu’elle touche. Manon Bonnes, voix éthérée, qui coquette avec les sens, et Mathieu Yabuki artiste en équilibre entre câbles et acoustique, forment un duo riche en paysages. En s’avouant dévots de Mink Deville autant que de Tori Amos (présente sur la pochette), ils donnent l’ampleur à leur musique. En effet, ce mystère Twin peaks commence là, dans ce déroutement qu’est le jeu de guitares crues et fonds de soies, perdre l’oreille, l’emporter dans l’autre dimension. L’effet lynch, ce voile qu’il pose sur la réalité se retrouve en effet, dans ce feutré presque gênant, qui racle dans "Only home". Présent aussi dans cet effet légèrement retro baigné de l’or des rêves qu’est "The adventure", et puis cette ritournelle sensible comme chantée par une diva des 50’s," 21st Century show", berceuse perceuse, si simple qu’elle tue la réalité. Oui, là aimerait bien créer David, j’en suis sur, palier pour portes énigmatiques, étranges personnages entre peur et paix, sensation de ne pas avoir pied. Mention particulière pour ce "Stereo Brain", hypnotique a souhait, très imprégné de l’atmosphère de la série. Mention particulier car beaucoup de groupes qui lancent leur premier Ep. ou Lp, se jettent dans un excès de tout, normale euphorie des premières créations, et parfois cette générosité est belle, et parfois elle trouble, cache. Ce titre a la simplicité de la contenance, du respect au gout, du bon chemin, composition exquise, sage, épurée, juste ce qu’il faut, honnête, et médaille pour ses créateurs. Lynch n’est pas un cinéaste, c’est un créateur d’univers, c’est peut être en cela que les marseillais de Little silence lui ressemble le plus. Le défi étant relevé et en grande part réussi (l’impossible perfection de Monsieur Lynch), reste à voir vers quel autre génie se tourne le groupe, car l’intellect et le savoir faire, invite a l’attente. D’ici-là, je vous invite à les visiter en profondeur, mystère, mystère.




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