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Avez-vous marché sur la lune, un tant soit peu, avez-vous vu, depuis la surface bleue pâle, cette lueur calme qui résiste sur la porcelaine de la terre. Nos humanités matières qui y sont restées pendant l’envol. Avez-vous marché, ne serais-ce qu’un pas, ailleurs qu’ici, plus loin que vos bras, outrepassées les frontières de vos chairs de poules, là où vous ne penseriez jamais que l’on puisse défiler ? J’ai pour semelles les sons d’Asgeir, longues distances sonores, chausses de pèlerins, infatigable voyageur. J’ai pour semelles, et pour trajets, les musiques d’Asgeir, jamais elles ne se calcinent, jamais elles ne me donnent froid, elles lissent le terrain, liment les cimes de leurs ailes, et portent des lampes dans les profondeurs jamais imaginées. Le son d’Asgeir embrasse les douleurs, apaise les fantaisies, et fait que l’amour paraisse une jeunesse sans limites aux songes, et si "In the silence était une ode a son père, ce "Afterglow" est un hymne a l’enfance. Asgeir nous fait poser les pieds sur la lune. Je marche sur ses astres, puissant pas, touchant geste, voyage espace temps, le nouveau disque de mon étincelant Asgeir, est une magie qui habite mes extrémités, ces bouts de moi capables d’aller enfin plus loin que le plaisir, ces morceaux de moi, bribes, et preuves d’âme. "Afterglow" illumine ce que" In the silence" éclaboussait de lucioles, amplifie le diamètre du rayon, amplifie ainsi les tristesses et les allégresses, et la vitesse du son, et la réponse du corps. Je sème des éclats de ses sonorités sur l’épiderme de la lune, "underneath it" abreuve de sa force les sillons, creusant de l’ongle la chair bleutée jusqu’au puits de l’émotion, alors que "Nothing" nous force a porter un regard sur ce qui nous entoure sans être notre monde, et nous invite a nous promener là aussi, dans le rien, l’inutile, palpable sensation. Asgeir pousse un peu plus loin son intime notion de l’art, de la beauté, cette portion de vie qui torture comme elle effleure, de sa voix perturbée de questions, de sa voix de tant d’horizons. Il y dépose des petits éclats de cristal sur la plage infini de ses mélodies, et désigne des engrenages charnels, des silhouettes artificielles, des battements électroniques, pour que marche ce monde, pour nous envoyer promener sur la lune. Oui,, oui j’ai marche sur la lune, avant, j’avais marché sur le ciel, Asgeir réalise des miracles du bord de son art, du bout de sa voix brisée, de ses claviers qui donnent matière aux centimètres et qui donnent volume aux sentiments, dans un disque plus lourd de biographie que le précédent, dans un univers plus léger que le précédent, léger dans le sens de simple, direct, ciblé. Asgeir conquis la lune pour nous, d’une légion de nefs a chacune sans pareilles, car marcher sur la lune est un rêve et qu’il a compris que le rêve est voyage intérieur, mais quel art, celui de faire voyager les autres dans l’extérieur de soi, quel art, celui de faire de son intimité, un aveu universel, quel art, que celui de marcher sur la lune, même si ce n’est que la sensation.




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