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Si je devais mesurer la puissance sonore d’un disque, la poussière s’expulsant de mes enceintes serait une échelle intéressante. Elle sortira de celles ci après l’écoute de l’album de Dead Rock Machine quasi intégralement sous les coups de vent d’une basse qui empêchera de dormir le moindre hibou.

L’autre mesure sera celle dite du earworms, mot inventé par les enfants de Thatcher pour designer les gimmicks qui peuvent nous pourrir la vie quand il reste implacablement dans nos têtes. En France nous connaissions jusque là le syndrome Manu Chao, qui consistait à mettre un bing à chaque euros touchés par le clochard faussement céleste, bing qui ensuite résonnait dans nos bourses vides.

Dead Rock Machine ne sont ni anglais, ni faussement américain du sud, ils sont entre Paris et Rouen (inutile de vous dire qu’ils évitent cette route le week end), et sont également entre deux styles, un rock indé qui pourrait parfois être post rockien si la basse n’écrasait pas notre jugement sur son passage, et une électro presque sauvage mais surtout prête du corps. La fusion engendre un mélange qui n’est pas sans nous rappeler certains morceaux des frères chimiques ou de LCD Soundsystem, mais les ingrédients ne sont pas tout à fait les mêmes. Car oui je l’affirme si vous prêtez bien l’oreille vous pourrez entendre du Boney M se prendre la tronche avec New Order, la techno robotique s’éclater la face avec Underworld chez les Happy Mondays (un vrai bordel mes amis) . Et que dire de ces earworms qui se chassent les uns après les autres, le dernier ayant toujours la peau de l’avant dernier, avant que le suivant le chasse à grand coup de latte, et ainsi de suite.

Nous pourrions dire que c’est un chouette disque si nous voulions rentrer dans la facilité, mais la facilité nous la gardons pour ceux qui absorbent la poussière. Dead Rock Machine est un groupe qui bout de partout, dispersant une musique addictive et hédoniste, sachant joindre l’utile à l’agréable, le cortex au reste du corps.

Bon je vous laisse j’ai des poussières à faire, en sautillant d’une jambe sur l’autre en écoutant « Like You Had Scored » avant de me remettre « Fuck Your Band » ou « London » qui recouvrent mon cerveau squatté. Juste pour le fun, et c’est déjà beaucoup.




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