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Ce disque semble sortir d’une faille spatio temporelle. Le son y est vintage, et l ‘écriture ne reprend pas l’opulence ("l’ampoulage") que les contemporains peuvent aimer à manier pour émerveiller les adorateurs de la boursouflure. Chez Ok c’est direct, simple, mais bougrement efficace, donc difficile à mettre en place. Les moyens sont à l’économie, et sans tomber dans une lo-fi besogneuse, le groupe radicalise, s’offrant un fruit, qui même , pas totalement mure ne sera pas recouvert de sucre pour le faire passer. Avec trois fois rien, il passe d’un rock aride à un tube presque électro (3), cassant les codes génétiques. Chez Ok on ne frappe pas comme un sourd sur la batterie, on la martyrise en lui assénant des caresses avec des chaines. On ne triture pas les cordes de guitare, on essaye juste de sautiller d’une à l’autre avec des ongles ultras coupant au bout des doigts. Chez OK on ne chante pas vraiment, on demande juste aux cordes vocales de s’accommoder d’une absence totale d’humidité. Le chant y est rêche, le phrasé syncopé histoire de garder un infime partie de sa salive. Sur "5" le chant se fait même touchant, il semble s’autoriser des ellipses fortement généreuses. Ce EP est comme un cri sans son, une exclamation sans point, un cataclysme sans catastrophe, mais surtout une plongée dans les sentiments (écouter "Maureen" et la rechercher partout) sans aucun manque. Pour tenter une parabole, je dirais que OK c’est la rencontre de JSBX avec le Smog de "Sewn to the Sky",une nuit sans lune, dans une boite de nuit aux pbm les plus lents. Un disque en carton, une musique en fer.




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