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Chaque nouvel opus de massive attack y va de sa guerre du golfe (stop the war) et de ses rumeurs. Si Mezzanine avait été un disque de tension, 100 th window sera celui de la séparation. Les premières oreilles voyaient en ce disque le pendant de mezzanine comme protection été celui de blue lines. Une copie éloignée de l’original par ses erreurs. C’est Robert del Naja alias 3D qui pilotera ce quatrième opus, chantant même sur une bonne moitié de l’album au milieu de l’indispensable Horace Andy et de sinnead o’connor. Pour ouvrir ce disque c’est Future Proof avec une 3D méconnaissable au chant, longeant à genoux un quartier hostile, évitant les rondes et les conventions. Dés cet instant on le sait, on le sent, Mezzanine va se faire dépasser. Le plaisir cruel et terrible de la découverte sombre. 3D comme Fritz lang, imprime lui-même l’ombre, jugeant la lumière du soleil castratrice. Première intervenante, Sinnead entre en matière sur what your sing souls. On avait peur pour elle qu’elle connaisse le sort de Lizz frazer, tout en le souhaitant, connaissant le caractère trempé de l’irlandaise. Reposé après la naissance, l’enfant de teardrop gambade librement se risquant à la descente, à la chute. La première grosse surprise viendra de everywhen, sur laquelle le vieux complice Horace Andy a de plus en plus le droit aux voyages macabres. Sur celui-ci il a beau lutter c’est l’armée des ombres qui prendra le dessus, interdisant à Horace ses escapades vocales. Poisseux et lent ce everywhen fait d’Horace un jouet extraordinaire pour le laborantin 3D, un Horace aérien cette fois-ci cloué au sol par des semelles de plomb, le cabotinage en moins. Une rythmique lourde, un souffle fantomatique, sinnead o’connor prolonge sa première excursion (special cases), ne cessant de se retourner en courant. La belle est en danger, savamment mise en situation (en scène ?) par 3D. Single évident dans les facultés de psychiatrie avec ses intonations craintives, ses montées orchestrales pointues et piquantes. Une montagne aiguë mais deja arrondie sur le haut, ou l’art définitif de mettre sa main sur un lieu brûlant. On s’enfonce, on patauge dans ce marécage jusqu’à ce butterfly caught et son rythme étonnement basique chez les alchimistes complexes de Massive Attack. Une sombre histoire de tunnel sans fin, ou l’allégorie de la vie trempée dans les éprouvettes d’une beat box hantée. Pour son retour sinnead se voit confié un style de chanson (a prayer for england) qu’elle connaît bien. Amenée dans un coin sombre elle y délivre de façon revendicative un courroux ambitieux mais redondant. On a connu Massive attack plus risqué dans ses choix. Le maillon très faible de ce disque surtout mis en rapport avec small tims shoot away sur laquelle 3D s’y fait lascif et introspectif, se balançant sur des rails parfaits. Il s’y fait quasi féminin, d’une rare sensibilité. Au moment de la grande comparaison, le chanteur amateur y gagnera certainement, même si sur name taken Horace Andy en a fini avec ses phases d’onanisme vocal. Ambiance lourde, éclairée ici par les grands sauts et non plus par les jérémiades habituelles de Horace. Nous y gagnons en intensité et Horace y gagne en désir provoqué. Pour finir bien et comme il se doit pour une fois chez massive, c’est un antistar, que joy division aurait fini par engendrer s’il s’était transformé en New order avec Ian Curtis. Sombre, collant, mouvant, poisseux, lourd,ce nouveau Massive Attack au lieu d’être un disque de conflit est celui de l’abandon. Celui d’un homme seul jouant les dents serrés. 100th window est la confirmation d’une identité propre, de la rencontre entre le regard aiguisé sur les contours de l’épiderme, et les possibilités ténues de ne pouvoir s’y frotter. Une porte pleine dans la face, et un KO en enfer. Massivement attaqué.




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