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  • 12 janvier 2007 /
    Le Tigre
    “This Island”

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Avec Le Tigre tout semble affaire de qualificatifs. Féministe, lesbien et riot pour désigner le propos éminemment activiste du groupe que forment JD Samson, Johanna Fateman et Kathleen Hanna. Hip-hop (pour l’esprit), electroclash (pour le son, si tant est que cette appellation possède un sens quelconque), ou punk-electro (pour l’esprit et le son, la maternité de ce terme appartenant aux trois New-Yorkaises). Pour donner à comprendre la musique du Tigre on la placera donc à mi-chemin entre ces deux jalons. L’écoute de leur dernière production mais de leur premier effort sur une major, This Island, tend en effet à accréditer l’idée. This Island, plus qu’un disque, apparaît comme une tentative qui viserait à placer le groupe dans l’univers de la pop culture dans son acception la plus large. Il s’agirait donc de l’aveu même du groupe, de donner à " l’art radical des fondements plus solides ". Vaste programme. Trop vaste sans doute et l’on comprend que le groupe échoue, partiellement du moins. La contestation et l’engagement marquent clairement la conception de l’album et l’on navigue de prises de position politiques nettement hostiles au benêt de la Maison Blanche ( New Kicks, où les voies du Tigre n’apparaissent même pas) en appel à l’acceptation de tous au sein d’une société ouverte ( Viz où Le Tigre laisse entrevoir un pan de son intimité et offre une vision de la manière de vivre son lesbianisme ou encore Don’t drink poison, imaginez Sleater-Kinney, la classe en moins, qui se mettrait à l’électro sous le patronage des Beastie Boys, difficilement supportable sur près de trois minutes). Mais la musique peine à se hisser à la hauteur de la démarche. L’ensemble s’articule autour de beats rageurs, de boucles de guitares acérées et d’une colonne vertébrale électro héritée de la culture D.I.Y. du groupe (rappelez-vous Feminist Sweepstakes). On glisse ainsi d’hymnes à danser (Nanny Nanny Boo Boo, After Dark…) vers des brûlots electro- punk (le bien nommé Punker Plus ou TKO) en passant par une reprise des Pointer Sisters (I’m so excited, exercice de style presque aussi vain que la reprise de Love will tear us appart par Nouvelle Vague) sans saisir un instant la cohérence de l’ensemble. Au final, l’écoute de This Island laisse dubitatif. Seul un Tell you know piloté par le Carman en chef, Ric Ocasek, nous interdit de nous détourner totalement de cet album. L’écrin offert par une major ne s’ouvre que sur une pierre mal polie. On espère alors qu’elle brillera de nouveaux feux sous les lumières de la scène…




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