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Secrète. Le qualificatif semble très approprié si l’on veut donner à comprendre Masha Qrella. Gratter la surface pourtant aisément friable du net et l’on vous gratifiera de quelques informations (plus ou moins) utiles et livrées avec parcimonie-la berlinoise tient ainsi la basse au sein de Contriva et partage plus que la musique avec Norman Nitzsche co-leader de Mina- et de portraits de la jeune femme, aussi nets que les Trois études pour le portrait d’Isabel Rawsthorne de Bacon. Peu importe. Sans visage, la musique de Qrella obligera à une écoute attentive. Et il le faudra tant Unsolved Remained n’est pas immédiatement pénétrable. Ainsi, sauf à ne s’en tenir qu’à la surface d’une pop-folk savamment mâtinée d’électronica, on peut passer à côté de cet album. L’extrême cohérence ainsi qu’une voix que l’on qualifiera d’éthérée, contribuent par exemple à penser cet effort comme particulièrement monotone. Accrochons-nous, replaçons Unsolved Remained par quatre fois au moins sur la platine et découvrons sans stupeur la grande complexité de ce disque. Tel le peintre évoqué plus haut, Masha Qrella s’attache à révéler progressivement et par touches subtiles l’ensemble des facettes de sa musique. Chaque écoute permet ainsi de saisir au mieux l’incroyable émotion qui commande les onze morceaux de cet album. Le titre " No Matter " en l’espèce, placé à mi-chemin, s’avance en finesse et voit lutter puis marcher de concert un beat électro rond souligné par une basse idoine et des guitares traitées qui zèbrent l’ensemble du titre. Un moment unique de délices délestés des lois de la pesanteur. C’est que Masha Qrella ne semble pas apprécier la contrainte. Elle envoie ainsi bouler l’attendu et compose tout aussi bien une berceuse pour poupée névrosée (" C. Bones " et son sample d’ISO 68, c’est tout dire), qu’une pop-song plombée et griffées dans le dos par les ongles ascérés d’un synthé passé à la moulinette (" Everything shows ", au titre trompeur), ou qu’un titre à danser mais seul et seulement éclairé par la lumière d’un frigo ouvert en grand (" Destination Vertical "). La Berlinoise adresse ainsi un doigt bien haut levé à tout cahier des charges électro-pop. Et une fois calmée, pose sa tête sur notre épaule pour nous convaincre de rester (" Guided By The Stripes "). On dit oui, tout prêt qu’on est à parfaire notre découverte de son intérieur musical. A découvrir absolument, et plutôt dix fois qu’une.




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