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L’Idaho est loin des sévices de la nature, loin aussi des consternantes déviances de la société mégalomane du pays des bushs. L’Idaho n’est pas que cette parcelle de terre loin de l’océan, c’est aussi le lieu de jeu de ce qui pourrait (aurait) du devenir la référence absolue de la musique que nous aimons tant ici venant de ce pays que nous aimons si peu ces derniers temps. Qui aurait pu parier qu’un jour je puisse me passer de la discographie complète des enracinés du pied, mais déracinés de la tête du pays des étoiles, par la simple écoute de l’album d’un homme seul au bord de se qu’’on recherche toujours en étant persuadé de toutes les façons de ne jamais la trouver, la perfection. The lone gunman ne frise ni le conservatisme d’un acquis ancré, ni l’affligeante condescendance avec notre futur à tous, cet album s’inscrit dans la durée, dans l’accompagnement, devenant sans même s’être déployé un lieu de passage obligatoire. The lone gunman est un long morceau, morcelé en dix-sept temps, et même si c’est faux c’est la sensation qui s’en dégage, être enveloppé dans des bras et de s’y sentir bien. On pourrait citer sigur ros (échelon) Eels, palace, swell, cowboy junkies et j’en passe, on pourrait plutôt finir par ne citer que lui, enfin. Enfin car heureux que ce trésor longtemps gardé jalousement trouve enfin des chercheurs de haute lutte. Ici même la fanfare pleur de joie (you flew) au milieu des offrandes comme nous d’ailleurs, car l’Idaho est sous une tornade amicale et terriblement mélancolique, un éléphant méticuleux avec dans les mains les possibilités d’un orfèvre. Idaho ne sera plus seul longtemps. Chef d’œuvre.