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C’est une rencontre étonnante que celle de Dalva. Alors que l’époque est à se montrer sous son meilleur jour, de saluer la « dite » perfection au détriment des choses cassées et des vies cabossées, Dalva décide de braquer un projecteur à la stabilité contrarié par une bourrasque d’émotion, sur les creux, les rides, les déchirures à rapiécer. Certes, il va commencer d’abord par enlever les masques, braquer cette lumière sur l’existence, même si celle-ci a la passion en sourdine (« Ta Gueule » référence à « Les Désarçonnés » de Pascal Guignard) mais l’héroïsme comme une évidence que l’on se serait empêché de voir. Sans fustiger, il ironise sur le pouvoir de cette éclaircie artificielle ou naturelle (Lumen), détrône les rois de pacotilles pour ériger des nouveaux princes du labeur obscure (« Automate » tube imparable.), tentant de couper les fils pour tenter de prendre en main cette liberté pour le moment de façade. Entre l’acceptation même difficile de ses souvenirs (King-Size), tentative de partir sur d’autres rives, d’autres contrées inhospitalières en se délestant de tout (Tu Mens Lady) même de l’amour mais pas de la facilité du jeu de...maux, Dalva oscille entre la tectonique des sentiments intimes (Sang d’encre) et les soubresauts d’un décor aux prises à des tremblements ridicules. Mais sous cette lumière réglée de main de maître par Alexandre Varlet, Dalva laisse des parts d’ombre, des moments passant sous les radars des fourches caudines (Une Plage), criant via une force créatrice sa volonté de créer, d’aimer (Clarisse). Disque difficile à happer, « Lumen » est un phare qui perce le brouillard sans tout éclairer, laissant nos yeux se poser même là où la brûlure de l’âme sera toujours plus puissante que celle de la rétine. Dalva dessine un périple entre deux points, celui qui pourrait permettre à ceux qui se sont perdus dans les phares de l’illusion, de se relier à eux même.




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