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Je me suis dernièrement enthousiasmé, et c’est encore le cas, sur les œuvres de Landscape et Simple As Pop, m’extasiant sur la capacité de ces deux groupes aux textures différentes mais à la composition très proche à créer des atmosphères uniques, envoûtante et personnelles. Eh bien il convient maintenant d’y ajouter Scalde et ce " Poperetta " d’une classe ébouriffante. Partant d’une base électro-pop et s’appuyant sur une voix délicate, sensible et émotionnelle, le lyonnais élabore des édifices sonores construits avec minutie, avec goût, et faisant appel à un panel sonore et instrumental très large. Les comparaisons flatteuses fusent, ce qui se comprend aisément, mais je soulignerai que le rendu n’est dû qu’à son auteur et à son talent : les noms que sa musique évoque ne sont pour moi que des preuves de son excellence. Dès les premières notes de " Poperetta ", le titre d’ouverture, on est saisi par la beauté, la douceur des instruments et de la voix, et captivé par cette ambiance à la fois laid-back et aérienne, qui part ensuite dans une petite envolée rock de haute volée tout en gardant son côté spatial, de superbes cordes venant enjoliver le tout qui s’achève sur de fines notes de xylophone pour nous donner un titre au-delà de toute espérance. Puis " Virgin places ", aux doux airs de..Air, nous laisse justement vierge de mots (sans mauvais jeux de mots..) devant l’habileté de Scalde à composer des hymnes avec autant d’évidence et de facilité. On est sous le charme. Mieux : on écoute maintenant de manière presque grave et recueillie, ce qu’exige d’ailleurs un " Ravin’ " sobre et dépouillé, merveilleuse pièce sonore de plus de sept minutes, qui pour ma part m’évoque Jeff Buckley de par sa pureté musicale et les sentiments qu’il engendre. Avec " What heredity is ", on entre en territoire plus ouvertement électro avec ces beats se mariant parfaitement à cette voix décidément angélique, qui donne immanquablement une envergure exceptionnelle aux compos présentées ici. Suite à cela " Les eaux profondes ", chanté en Français et, comme le dit le petit texte joint au cd, véritable délice de Polnarefferie contemporaine, nous maintient dans cet état de béatitude délicieux tout en dévoilant une force textuelle étonnante. Des beats électro viennent alors secouer doucement cet état sur " Fear of a fly " qui hausse le rythme et joue habilement sur les deux voix intervenantes, les beats électro s’emportant ensuite, ce qui nous donne un morceau digne du meilleur des nantais d’Orange Blossom. Peut-être bien mon titre préféré sur cet album parfait, même si celui-ci s’appréhende avant tout comme un ensemble et non pas comme un assemblage hâtif et incohérent de morceaux hétéroclites. Bien au contraire, ce disque brille par sa cohésion, son unité et l’aisance d son auteur à faire cohabiter huit titres aux textures structures variées et différentes, dont le " fil rouge " est leur énorme qualité. Qualité que nous offrent bien sur les deux derniers titres. Ce " Ominous " d’abord caressant et qui, après un break atmosphérique, monte doucement vers les sphères rock pour finir de façon rythmée : splendide ! Puis ce " My ambassador " de plus de huit minutes, conclusion majestueuse et étourdissante, simultanément exaltante et mélancolique, euphorique et inquiétante, qui menace sans jamais éclater et surtout, à l’image de ce " Poperetta ", nous plonge ans un abîme d’émotions pures et intenses, que viennent clore quelques douces notes en fin d’album. Superbe, d’ores et déjà une œuvre majeure…à découvrir absolument.




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