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« J’ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez imaginer... Des navires de guerre en feu, surgissant de l’épaule d’Orion... J’ai vu des rayons C briller dans l’obscurité, près de la Porte de Tannhäuser... Tous ces moments se perdront dans le temps... comme... les larmes dans la pluie... Il est temps de mourir. »

Vous souvenez vous de cette phrase, lourde et a la fois aérienne, dite a l’orée de la mort, dite au bord de la vie, sous cette pluie battante qui n’était que tristesse, lavage d’impureté ? J’ai pensé a ça en abordant ce disque, a cette ambiance sombre peuplée de lumière artificielles, mais lueurs quand même, a cette philosophie de clairs obscurs, de oui, mais non qui survolait lourd comme peine les asphaltes a peine perceptibles du monde. Ca sentait le bitume humide, les murs vieux, la fin, et l’espoir qui ne sait vivre ailleurs que dans la fin. Au plus profond naissait l’idée d’éternité. Voila comment, insensiblement, un son amène une impression, et l’impression une empreinte d’une image, c’est ce qu’il faut exiger a l’artiste, apporter l’empreinte, et, si possible, d’une lumière, même néon, éclairer ce son entre chien et loup qui nous attends tous, ne parlons nous pas tous, n’écoutons nous, la vie et la mort. Reste à rendre agréable l’essai philosophique, reste à le rendre humain, compréhensible a nos chairs de poule. Batty sound and vision.

Pourquoi cette idée d’asphalte mouillée et de K.Dick dès le premier sons, il y a des liaisons incontrôlables entre souvenirs et nouveautés, ceci porte a cela, qu’importe le pourquoi, si ces mécanismes ne se trompent pas, il y a dans cette vie future cette pensée empirique du début et de la fin, du départ et de l’arrêt, et ces chansons sont stations qui nous approchent ou nous éloignent d’où l’on va. Agnès, douce et profonde Agnès, as-tu la clef a la question, ou as- tu juste, vécu, d’ici a là, le début et la fin du tunnel, sommes nous larmes dans la pluie, je t’écoute, faire la route. No lo sé. Ce que si je sais, c’est que la tristesse devient inutile, au fil de ces chansons comme au fil de nos vies, non, pas de tristesse, peut être une impression que la peau soulève des larmes, mais légèrement, le passage de l’un a l’autre est aérien, fin, aigu, transparent, le passage est air, la vie comme courant d’air, qui enfle les instruments, le torse, le chant,. Alors Agnès, douce Agnès, que disent les mots que tu conjugues, toi qui cherche comme tous d’où l’on vient et où l’on va, nous qui savons si bien d’où l’on sort et où l’on finira, mais il est bon de l’entendre de ta voix, avec cet emploi luisant des douceurs qui soulagent nos échéances. Oh Agnès douce et visionnaire, voici une possible explication, parce que ta petite étude est pleine, ronde, comme une vie bien vécue, bien pavanée entre pop et baroque, entre doute et certitudes, on sait ce qu’on a fait, on ne sera jamais si tout était utile, reste cet essai, dont tu tentes la superficialité sans la trouver, tout cela est plus profond dans ces sons, sculptés, directs, aimés et choyés, multipliés comme nos années, basés sur des rythmes cardiaques a différentes saisons de nos vies, ce dernier voyage a Cythère, où l’endroit où est passée ton âme, les êtes, les automnes, et les lests des vents, et les bonnes fortunes, pas a pas, les ventricules annoncent le glas, et l’éclat, d’ici, ce disque, on aura surement une idée plus claire de l’apparence de dieu, depuis le ciel, depuis sous terre. Restait a conjuguer de la même manière le verbe que le solfège, ces compositions lumineuses et copieuses, puis soudainement coupantes et dangereuses, se sont appuyées sur la sagesse de la pensée, de es mots simples qui jonchent nos questions, qui sont la vrai fortune, de ces mots simples qui sont nos quotidiens de regards a travers les buées de fenêtres, depuis nos intérieurs, depuis nos terres entières intimes, Agnès, philosophe symphonique Agnès, toi qui cite Fever ray comme futur et Jeannette (moi qui suis moitié espagnol te comprends parfaitement) comme passé, sans trouver le sens de l’aller ni celui du retour, offre un espoir quasi liquide a nos démons, une explication certes personnelle (et on l’aime ainsi) a ce qui nous fit et ce que nous fumes, d’une voix exquise, d’un art limpide, dans un travail plus profond que ces sillons, dans un travail beau comme la grande question, tout cela, après toi, ne sera plus douloureux, ne seras plus aussi terrible, on aura ton disque pour panser, on aura ton disque pour penser. Agnès, notre éclaireur, notre avancée dans le brouillard, nous saurons a présent reconnaitre les larmes dans la pluie, a contre jour des néons, a contre mort des oraisons, sans la pesanteur mais sans gravité, avec le plaisir d’un sacré talent pour émotionner et un bel art pour nous traverser, nous faire sentir moins répliquant, plus humains, merci.




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