> Critiques > Labelisés



Six organs of admittance… je n’irais pas normalement jusqu’à traduire ni chercher a comprendre a fond le pourquoi de tous ces noms de groupes, mais il me semble que ce soit une des règles de la ONU, ors donc une des règles de fonctionnement de ce monde moderne, ce qui donne une importance au projet, qu’on le veuille ou pas, la chose n’est pas a prendre a la légère, il y a de suite un poing sur la table… qui bizarrement n’est nullement politique ni revendicatif, sinon sonore, car le style est tout a fait contraire aux bureaux riches de la zone aisée du monde, le son vient des pays plus pauvre, c’est le seul truc en commun un peu nouée que j’ai trouvé entre le nom et le son. Six organs of admittance, disais-je donc, est le projet solo de Ben Chasny, guitariste et humaniste bien connu dans la contrée de Buffalo-bill et Trump du groupe psychédélique Comets on fire, on peut trouver son nom comme invité dans la moitié des disques qui sortent en ce moment, faut dire que le don, il l’a. S.O.O.A., résumons, est un projet qui grandit depuis 1998 et en est a son treizième cadeau. Hautement guitareux (je me donne l’autorisation d’inventer cet adjectif dans ce cas précis) ce nouvel apport sensoriel du bon Ben (bon dans le sens créatif, compositeur, musicien et chanteur, et tout et tout), légèrement orienté vers l’orient, viens ouvrir des paysages intéressants et des idées musicales empruntées a la folk actuelle américaine envoyées en éclaireur dans un futur de plusieurs années. Connu pour ses participations a une meute de projets et sa curiosité, il donne vraiment l’ampleur de son monde dans se groupe, l’envie d’épandre son gout sur des terres nouvelles, de promener sa guitare sur les contrées plus ou moins vierges du son. Si la guitare est reine et loi dans son travail, Ben s’offre des acolytes dans les rythmes arabes et indous, enrichissant l’arrière plan de ses cordes d’un effet onirique, donnant humanité à la technique de ses doigts. Burning the Treeshold est un exquis moment de voyage assis fait de morceaux intimes et bellement produits, que la voix n’effrite presque pas tant elle est timidement posée l’a, comme une petite cuillère sur la table d’un grand festin. La voix n’est qu’un effet poétique, sagement utilisé, mais dont l’importance n’est que sonore, une plage de plus dans la composition, la production est agilement tournée vers l’instrument roi, d’un son métallique et exotique (pas facile a faire coïncider ces deux thermes). Ben a quand même le talent de faire un disque de guitare qui n’en a pas l’air, par des petits détours sonores, des entourloupes de lecture entre les lignes, des dessous de tables électroniques, des effets trompe l’œil posés en douce sous les cordes et des paroles récitées comme par des conteurs médiévaux ou africains, suivant l’humeur de l’instrument trônant. Un disque tout en douceur et sagesse, bon pour calmer les euphories et hystéries, apaiser les ouïes trop bombardées, et reposer le monde, un câlin de six cordes, un bienfaiteur au corps de bois et âme de voyageur. Découvrez donc ce disque sans frontières, ni hauteurs ni bassesses, capable de plaire sans vous le faire avouer.