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Cottonhead, dernier album des deux gardes champêtres David Sheppard et Keiron Phelan, s’aborde dans un premier temps par son titre. Il donne en effet la pleine mesure du caractère éminemment organique de la musique que les deux Britanniques composent. De nature il est question dans chacun des titres de cette pièce unique qui constituerait la bande-son idéale d’un documentaire naturaliste au sens philosophique du terme. Un documentaire qui donnerait à voir l’éclosion régulière d’une plante, la progression lente d’un lichen autour d’un tronc ou encore, tiens, l’écoulement paisible d’une rivière d’Etat…State River Widening affirme que la nature n’a pas de cause qu’elle-même et que rien ne peut exister en dehors d’elle mais la nature considérée sans l’homme et pas le terrain de jeu dominical de Jacky et Jean-Lou qui vont plomber de la palombe ou plutôt du canard ou du… putain je vois rien avec ce brouillard Jacky, merde, remets moi un perroquet au moins je sais à quoiqu’ça ressemb’…Faute de mieux, on laissera entendre que la musique de State River Widening tient du folk pastoral. Pas de chant si ce n’est, renseignement pris, un sample d’Anne Briggs (de moi inconnu mais pas des fins mélomanes qui la situeront comme une icône folk anglaise des 70s), mais de longues plages instrumentales qui poussent à la méditation. Une méditation qui prend pour cadre le confort ouaté -les titres Cottonwood, Cottonhead 1 et 2 constituent ainsi les trois pierres angulaires du cd- d’une musique à guitares de bois qui s’agrémente au fil des secondes d’un motif de glockenspiel, de guitares sagement électriques ou d’une batterie brinquebalante… A mi-chemin de sa balade bucolique, l’auditeur se laissera gentiment égratigné par le titre Knifegrinder’s Song, qui comme il l’annonçait dénote par sa stridence mesurée. Une légère écorchure provoquée par une ronce unique placée en milieu de parcours comme pour rappeler que la promenade se mérite. Il finira alors le parcours par une sieste au soleil (Madder Hues) et s’en relèvera légèrement étourdi (Unspinning ironiquement baptisée puisque l’ensemble du morceau s’articule autour d’un motif de guitares qui progresse en cercles concentriques). Il finira enfin par couper à travers champs (de coton, Cottonhead 2) et s’empressera de programmer pour le lendemain une randonnée similaire. State River Widening ou le déplacement sans mouvement… Courez l’acheter, à la ville.




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