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Rappelez-vous Daedelus, vous savez le mec derrière The Weather. Mais si voyons ! L’album avec l’autre-là, le Busta Rhymes de l’underground comme vous dites, Busdriver ! Mais enfin rappelez-vous ! Non vous ne voyez toujours pas ? Allons un petit effort ! Deadelus, le mec qui a des pattes plus touffues que le pubis d’une actrice de x époque 70 ! Non, toujours pas ? Des sapes à faire pleurer le plus excentrique des dandys parisiens alors ? Enfin voyons ! Vous savez bien, Cadavre Exquis ? Non ce n’est pas le petit fils d’André Breton même si je vous l’accorde surréaliste est un terme qui lui convient. Je parle de l’album Cadavre Exquis. Mais non ! Pas celui de l’Armée de Douze, même s’il est vrai, au détour d’une chanson, Deadelus offrait à TTC un bel espace de jeu. En anglais, Exquisite Corpse. Voilà exactement ! Le mec de chez Ninja Tune qu’a sortie un truc en 2005 avec l’homme masqué MF Doom dedans. Y avait aussi Mike Ladd au passage. Vous avez saisi alors ? C’est bien çà ! Le disque qui s’est amouraché de la lentille de ma chaîne hi-fi l’an passé, le genre de disque chevet que l’on aime avoir près de soi tels ces bons livres qu’on n’a jamais cessé d’achever et qui, même usés jusqu’à la corde, vous livrent encore bien des secrets. Mais je vous l’assure, j’ai rangé depuis peu cet Exquisite Corpse tant écouté. Car avis aux aficionados de musiques barrées, notre producteur touche-à-tout, cet orfèvre dans l’art de la bidouille, ce mania des mélanges atypiques est de retour avec Denies the Day’s Demise et la première chose que nous pouvons en dire, c’est qu’Alfred Weisberg-Roberts n’a pas emprunté pour rien son nom de scène à une célèbre figure mythologique, prenant ainsi un malin plaisir à nous perdre une nouvelle fois dans un dédale sonore à faire pleurer tout amateur de pop bien lisse. Notre californien délaisse ici pour une grande part ses divagations hip-hopesques et les featurings qui vont avec pour se retrouver seul aux commandes d’une electro hybride à la fois fofolle et avant-garde. Cet expert en collage insolite, nous plonge cette fois dans les ambiances extravagantes de la musique latine, des rythmes endiablés de la batucada avec son apito en chef de fil sonore d’une bataria de samba carnavalesque, aux atmosphères en cinémascope de l’exotica, le tout relevé par une electro sous acides qui lorgne aussi bien vers la musique de Moog que vers l’electronica contemporaine, un peu comme si Four Tet avait remixé le trop méconnu Tropical Fantasy de Michel Magne. Cependant Denies the Day’s Demise n’est pas qu’un album instrumental foisonnant qui sent bon la chaleur électrique d’un début de soirée en été et le mojito bien frais, il se trouve être aussi un objet grâce auquel on se remémore avec bonheur tout ce que les années 60 et 70 ont pu concevoir de musicalement libre et hors normes. On pense alors à l’onirique bossa nova de Bola Sete ou Vinicius de Moraes, aux excentricités tropicales d’Esquivel, à la musique psyché dans ses grandes largeurs de Sly Stone à Robert Wyatt, à cette lignée de bricoleurs minimalistes de Pierre Henry à Kraftwerk . On pense également à ces bandes originales de films souvent au rabais, qui vont du classicisme des thèmes de Lalo Schiffrin et Michel Legrand aux scores sans fausse note de maestros italiens comme Morricone ou Piccioni en passant par les expériences de pop groovy de François de Roubaix ou Georges Garvarentz. Or vous l’aurez compris, même si le dernier né de la discographie de Daedelus peu apparaître de prime abord comme un grand mix de tout et n’importe quoi, c’est bien souvent pour ne pas dire toujours que, de ses expérimentations hybrides, de ses alliances improbables entre les genres, de cette musique foutraque, surgisse sans qu’on s’y attende l’éclat d’une mélodie mystérieuse et enchanteresse. Viva vida !!!!




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