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J’étais bien heureux en me réveillant un matin morne d’automne de me rendre compte que les anglais d’Editors étaient enfin de retour après une absence beaucoup trop longue à mon goût...Armés d’un tout nouvel album poli, brillant et clinquant intitulé The Weight of Your Love, la bande à Tom Smith refait donc surface après avoir traversé quelques méandres et tempêtes ayant notamment presque provoqué la séparation pure et simple de la formation depuis leur dernière production en 2009 ; un dernier album qui d’ailleurs n’avait pas tapait dans l’oeil de la critique à l’époque, loin de là...

Enfin passons sur ces approximations révolues, et faisons place à l’analyse de ce nouvel opus donc, marquant le retour des britaniques sur le devant de la scène. Très vite malheureusement le désenchantement nous rattrape violemment dès les premières minutes d’écoute, et ceux malgrès un premier titre de l’album, plutôt réussi, nous rappellant lointainement les premiers ébats torturés du groupe. En effet, par la suite l’enchainement cahotique des titres fait de cet album, dans sa globalité, un ensemble de morceaux accrocheurs et très "radiophoniques" mais très peu innovants,et parfois même indigestes : à mille lieues de l’ambiance sombre et inquiétante de An End Has a Start (2007) !

A l’image des U2, Muse, ou The Killers, l’orchestration du groupe (des violons à tire-larigot notamment ; des batterie et arrangements très rock F.M...) a pris un grand ("trop grand") coup de booste et fait désormais clairement dans la grandiloquence, l’apparât, l’efficacité trop aisée… On sent bien que ce nouvel opus est conçu et armé pour aller à l’attaque des plus grands stades et festivals de la planète et nul doute que cette croisade sera une réussite mais bon, pour ce qui est de l’écoute sur disque, on ne peut pas dire que le résultat soit des plus excitant … Effectivement, si on ne peut que concéder au groupe un travail de production des plus propre, les morceaux qui en découlent sont du coup moins tranchants, moins percutants, plus faciles et surtout moins possédés que par le passé... Comme par magie, la noirceur et l’inquiétude d’antan ont laissé place à l’exaltation de sentiments amoureux plus légers, le groupe prenant même le temps de s’attarder sur des titres à la limite du "romantico-mielleux" : voix de tête mélancolique et violons trop dramatiques et langoureux... Tom Smith serait-il devenu un héros romantique, ou est-ce une façon de montrer que le groupe a retrouvé une certaine forme de quiétude après avoir frôler la séparation et l’arrêt de ses activités ???

D’habitude je me garde bien de juger ces groupes qui, une fois une certaine réputation acquise, tentent de standardiser au maximum leur son afin de conquérir un public toujours plus large, pensant que c’est finalement le chemin le plus logique à emprûnter pour réussir dans ce milieux du paraître... Cependant, ce pas franchis ici par les anglais se fait souvent au détriment de la majeur partie des fans de la première heure, et ce sera sûrement encore le cas ici... Editors a donc bel et bien évolué avec l’air du temps, suivant la voie fâcheusement tracée par de trop nombreux groupes depuis quelques années [comme une obligation de délivrer un son plus universel, destiné à conquérir la masse, à renverser les stades]. Alors le résultat plaît ou ne plaît pas : J’ai moi-même bien du mal à émettre un jugement précis, tant cet album est à la fois bien réalisé, mais quelque peu décevant sur le fond ; tant il est composé de titres (pour la plupart du moins) accrocheurs et efficaces, mais manquant cruellement de piquant, de nouveauté et ne provoquant pas, au final, l’excitation tant attendue...

Vous l’avez compris, je ne détruirais pas cet album qui compte une poignée de titres pas si désagréables à l’écoute. Dans sa globalité, il est vrai que les britanniques se laissent aller à des lourdeurs insuportables (de styles rock F.M.), quelques titres un peu poussifs voire carrément ennuyeux car aux ornements surement trop chargés ou aux sentiments beaucoup trop surjoués, mais il compte aussi quelques titres beaucoup plus efficaces et véritablement taillés pour le succès (comme l’entrainants A Ton Of Love, au rythme et aux envolées lyriques qui ne sont pas sans rappeler un certain Bono). Heureusement, la voix grave et envoutante de Smith fonctionne toujours aussi bien et relance par moment la machine, nous transportant de nouveau dans une course effrenée, nous rappelant que la bête n’est peut-être qu’en sommeil... Elle nous réconcilie un peu avec certains morceaux dans lesquels on reconnait un peu plus ce style caractéristique des britaniques (The weight, Formaldehyde, Hyena...).

Après un virage plus electro, qui avait attiré pas mal de foudres de la part de la critique sur l’album précèdent, The Weight of your Love sonne donc comme une reprise en main moyennement réussie et manquant cruellement de finesse... Ainsi le retour tant attendu sonne finalement bien creux et l’on ne peut qu’espèrer de jours meilleurs pour le futur... Cet album aura au moins le mérite de rassurer quelque peu les fans sur le devenir de la formation de Tom Smith et d’en satisfaire certains (comme moi) définitivement en manque de nouveau son de la part de ce groupe (aucune production depuis 2009), et de cette voix si prenante et envoutante de la planète rock. ... Le véritable verdict tombera, comme souvent, en voyant comment le "band" défendra ce nouvel album sur scène avec une tournée passant par la France très prochainement...




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