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Il est lourd, il est lourd même dans son architecture dépourvue de chair, organe ou muscle, il est lourd le pachyderme osseux de ce fond d’ardoise où des astrologues, architectes amers, mathématiciens frustrés, ont cherché des lignes pour raisons, pour logique. Il est lourd, mais il est magnifique de force, d’histoire, lui a passé en souffrant les alpes, lui a fauché en souffrance des vies, il est aussi frêle qu’assassin.

Il est l’image parfaitement trouvée aux thèmes qui lui donnent mouvement et vie. Parfaite, car il n’oublie ni son origine, ni les sources où il a bu (des cours d’amour médiévales de troubadours rêveurs Dead Can Dance aux révoltées soulèvements de Sinead, ces chansons rituelles catalanes, patrimoines gravées bien plus qu’on ne le voit, chansons d’auteurs aux façades sages et fonds belliqueux), ni les merveilles qui attendent au bout de son chemin.

Chaque chanson remplis la carcasse jusqu’à le rendre complet, l’une sera ses nerfs (skeletons et ses guitares crispantes, obsessives et voix type The lion and the cobra), l’autre la viande rouge (horse’s Mane, envahissant tout l’espace entre l’os et la peau de ces clairs obscurs, intense et impérial), le sang (El crani i la serp va et vient en vous effleurant, en vous nourrissant), les sens (Hannibal voit autant les beautés du chemin que les horreurs des combats) et puis le cœur (Wooden Gun est la tachycardie apte a réveiller une légende, voix couteau, sons profonds comme plaies de bataille, marche funèbre pleine de vie). Il y a du plaisir dans ce périple punique, dans ces invasions légendaires, un agréable gout de tranquillité, un savoir faire l’amour entre guerre et paix, entre le naturel et le technique, entre le punk et le folklore. L’amalgame est le corps majestueux d’un éléphant dans sa marche triomphante. Le tout est un animal grandiose, cet éléphant, image de force brute, au regard si triste, si défait, le terrible combat, Animic vient de recréer dans ce nouvel opus beaucoup plus clairement obscur que ces prédécesseurs, plus cruel et plus lumineux si il en faut, la légende d’une guerre plus vieille qu’Hérode, la notre, interne.




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