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Chris Martin,chanteur de Coldplay, est américain... Chris Martin,chanteur de Coldplay, a décidé d’arrêter de composer des hymnes pompiers pour Stade... Chris Martin,chanteur de Coldplay, a décidé d’arrêter de se prendre pour Bono Vox.... Chris Martin,chanteur de Coldplay, fait de la musique electronique contemplative qui doit autant à Stars Of The Lid qu’à Beach House... Chris Martin,chanteur de Coldplay, est le chanteur de Houses et s’appelle Dexter Tortoriello et forme un couple à la vie comme à la scène,non pas avec Gwyneth Paltrow mais avec Megan Messina,l’autre membre du groupe...

C’est étrange comme certains albums fonctionnent avec le paradoxe et l’ambivalence.... C’est le cas de "A quiet Darkness",deuxième album des américains Houses.... Ce second LP parvient à proposer un univers attirant voire attachant tout en restant dans des territoires balisés qui frisent souvent et tombent parfois dans l’anecdotique d’une certaine Dream Pop décidément très en vogue actuellement (Beach House,Still Corners,Memoryhouse)... Certes ,rien de déshonorant mais rien de très innovant non plus... Mais attendons-nous toujours de la musique qu’elle nous surprenne ? Parfois,il peut être rassurant d’être dans une expérience d’écoute où nous savons ce que nous allons trouver ,ce que nous allons y chercher...

Et puis il y a la voix de Dexter Tortoriello,sosie vocal saisissant de mimétisme du Chris...

En ouverture,le bien nommé "Beginnings" donne le ton d’une musique osant le solennel avec ces deux voix qui s’entrelacent sans jamais s’atteindre...On rentre sur des terres brumeuses et pourtant lumineuses,familières...

"The Beauty Surrounds" ressemble comme deux gouttes d’eau à un inédit d’Ozark Henry,jouant sur les rythmiques et avec des tonalités subliminalement orientales...On se surprend un peu à bailler et à regarder la télécommande de sa chaine HI-FI...

Avec "Big Light",l’intérêt revient avec ce piano flottant comme des gouttes de pluie qui nous accompagne... On se croirait presque revenu au temps de la splendeur de L’Altra qui se serait acoquiner avec le projet "The Album Leaf" de Jimmy Lavalle. Morceau parfait de bout en bout avec sa fin que l’on sent venir de manière inéluctable....

"The Tired Moon",c’est le morceau instrumental de l’album avec sa structure robotique,métallique et répétitive qui finit par lasser... C’est dans sa structure martiale que l’on croit reconnaître des retours de flamme d’une certaine Cold Wave.

A force de jouer sur des structures répétées à coup de glitch ponctuants, Houses nous ennuie sur "Peasants"... Pourtant,il y a cette volonté de créer une atmosphère,de jouer sur l’espace mais...il y a un mais que l’on ne s’explique pas.

Carrion rappelle le meilleur de Goldmund ou Helios,identités musicales de Keith Kenniff ou encore de No-Man... Il y a toujours ce piano omniprésent qui joue avec des nappes de synthés et nous envoie balader dans un univers cotonneux où l’on sent parfois poindre comme des éclairs d’amertume...

Ce n’est pas que l’utilisation de la Harpe qui nous ramène à l’excellent travail d’Active Child (dont je ne peux m’empécher de vous conseiller les superbes "Curtis Lane" et le non moins passionnant "You are all I see"),c’est la construction même du titre qui joue sur l’aérien et le terrestre.

Si vous deviez vous procurer cet album, si je ne devais vous donner qu’une seule raison,elle tiendrait en deux mots,"Smoke Signals",superbe huitième morceau de "A quiet darkness" qui doit autant à Perfume Genius qu’à Brian Eno...Ici on frissonne comme on frissonne de bien -être en se réchauffant face à un feu de camp à ces heures entre chien et loup une nuit d’été sur une plage déserte en sentant le sable froid qui glisse doucement entre nos mains. Là,le temps s’arrête et ces signaux de fumée nous passent devant les yeux en y posant des poussières de plénitude...

"Tenderly",avec son cliquetis inaugural et sa mélodie de boite à musique souffrent de la comparaison avec "Smoke Signals" et ramène à notre mémoire le lyrisme pompier et pesant de M83.

Et puis,il y a "The Bloom",l’autre morceau instrumental de l’album. On regarde la pochette de l’album,on ouvre le tiroir du lecteur CD pour vérifier que l’on ne sait pas tromper de disque tant la ressemblance est frappante avec la musique de Stars Of The Lid et ses drones envoutants ou encore celle d’Olafur Arnalds... Et la,on regrette les quelques errances,les quelques baisses de régime,les quelques moments d’ennui ressentis et l’on reste coi face à ce titre final qui flotte dans l’apesanteur.

On sait que l’on reviendra de temps en temps à cette obscurité tranquille,qu’on s’y lovera avec plaisir mais sans jamais perdre de vue la télécommande... On sait que l’on cherchera longtemps ces signaux de fumée dans ces paysages brumeux... oui brumeux toujours et parfois anecdotique mais d’un anecdotique touchant...




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