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Capter l’air du temps, une belle supercherie poétique dirait un insensible bellâtre, acteur de la montée ou de la descente du CAC 40, comment capter ce qui ne rapporte pas dirait il cyniquement lui qui joue avec une argent qui est tout aussi volatile et impalpable. Mais restons entre gens bien, entre amoureux des mots quand ils nous soignent des sanglots ou qu’ils non amènent vers des terrains plus difficiles de la mélancolie, de la peur d’être toujours vivant.

Israel Martinez est un musicien Mexicain, qui avec « The minutes » nous propose son septième album. Plutôt qu’un album nous pouvons lui donner sans qu’il en prenne ombrage, la dénomination de poème sonore. « The Minutes » est la captation de l’air et des sons d’un Mexique qui se bat avec ses démons, ceux des cartels de la drogue, entrainant dans cette lutte des milliers de personnes vers la mort comme autant de grains de sable sont portés dans le précipice par le vent sur le haut d’une montagne. La musique est ici atone, elle respecte le son, le silence, puisant peur être dans ceux ci pour une prochaine vision. Face à la violence de cette exposition sonore nous restons comme KO debout, non pas que les sons le soient, c’est avant tout car l’histoire semble rentrer chez nous comme un direct du droit d’un boxeur sans pitié. Comme une sculpture de Anselm Kiefer, Israel Martinez prend des matériaux brut pour élaborer une œuvre gigantesque et déclencheuse d’émotion.

Alors « The minutes » est une vision poétique du Mexique, la photo étonnante d’un pays qui ne se dit pas en guerre. Ecouter l’air du temps comme si le cri des morts ne s‘éteignaient jamais et se fracassait contre la froideur d’un monde accélérant sa perte. Un document sonore et poétique. Etonnant.




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